AVOIR UN CADRE FERME ET PRECIS
(ce qui permet de laisser de la liberté
après)
- A terme, l'idéal est bien sur que le
silence des élèves vienne de l'intérêt du cours (et de sa clarté), mais il faut d'abord
assurer la "discipline". Les élèves ne se rendront pas compte d'un bon cours
dans le brouhaha.
- Toujours annoncer les sanctions,
toujours menacer avant d'agir : ne jamais prendre en traître (mais après, ne pas
tarder).
- Toujours faire ce qu'on dit, menaces
ou promesses, sous peine d'être discrédité. Les menaces ne doivent donc pas être
impossibles à tenir. Au bout d'un-deux mois de test (les élèves sont sages, mais
observent et intègrent ce qui est possible et ce qui ne l'est pas), lorsqu'on énonce une
menace, on est cru et obéi. Ensuite, c'est trop tard, on ne peut pas revenir en arrière,
et on risque d'être injuste, plus injuste qu'au début où on a l'impression que les
sanctions sont disproportionnées.
- Médiatiser (toujours calmement) les
situations de tension, de sanction, de fermeté : notre sévérité semble un peu trop
grande, mais elle s'adresse aussi aux autres, afin qu'ils ne s'avisent pas de refaire la
même chose (dissuasion). Ne rater aucun prétexte (sinon : "mais madame, quand
Tartempion a parlé, est arrivé en retard, vous ne lui avez rien dit"). Montrer
qu'on tient ses menaces, marquer le coup. Les élèves sont très sensibles à
l'injustice.
- Les sanctions semblent disproportionnées
au début, sévères, injustes. Ne pas se laisser attendrir, c'est nécessaire pour que
ça ne se renouvelle pas
- TOUT noter : la nouvelle place du
bavard, la punition donnée : c'est du temps gagné par la suite.
- Ne pas vouloir un silence complet pendant
une heure. A certains moments, il peut y avoir quelques minutes de détente (distribution
de feuilles). L'essentiel est que la classe se retaise immédiatement quand on reprend les
rênes et la parole.
- Toujours bien prévenir en avance,
de la date du contrôle, du travail à faire à la maison.
- Déchirer et mettre ostensiblement à la
poubelle (surtout au début) quand quelqu'un fait autre chose en classe.
- Maîtriser le mieux possible ce qu'on
raconte (en l'ayant bien préparé) permet d'être plus attentif aux élèves, à leurs
réactions (et donc de s'adapter à eux).
- Apprendre très vite leurs prénoms : c'est
mieux pour interroger, pour faire mouche.
- Après une situation de tension, surtout ne
pas se couper de l'élève (c'est souvent une manière d'attirer l'attention, et il risque
de devenir hostile et "inatteignable"). S'intéresser à lui la fois d'après,
le faire lire, distribuer etc.
- Ne jamais prendre les élèves pour des
imbéciles, leur faire confiance a priori, avoir confiance dans leurs capacités de
progrès (plus on y croit nous, plus ils y croiront eux).
- Autres conseils difficiles à tenir au
début
: ne pas hésiter à couper la parole des élèves si ce qu'ils disent n'est
pas intéressant, ne pas hésiter à séparer des "filles gentilles mais
bavardes".
- Parler de classes
"générales" et pas "normales" par opposition aux classes
technologiques !!
LE PREMIER JOUR
- Faire éventuellement remplir une fiche de
renseignements (ce n'est pas forcément nécessaire, ça peut paraître inquisitorial,
mais c'est aussi une marque d'intérêt de notre part
). En même temps,
- Faire circuler un plan de la classe, à remplir par
eux (vu de leur point de vue, c'est-à-dire à l'envers pour nous
) (c'est plus
gérable, même si ça nous oblige à le recopier dans le bon sens) : "vous resterez
à la même place, si vous voulez changer, vous viendrez me voir à la fin de l'heure. Je
ferai moi-même certains changements qui resteront définitifs". Ils n'ont pas le
droit de changer de place sans me le demander (et pas trop souvent : pas le 1er mois).
Lire la feuille sur le travail distribuée
le premier jour.
A RAPPELER A LA PREMIERE
OCCASION
(Principe général : "je préviens
toujours une première fois, la deuxième c'est trop tard, je sanctionne".)
"Parler en levant la main"
(ça permet de faire participer tout le monde et pas toujours les mêmes, ça permet de
faire réfléchir 5 secondes ceux qui allaient donner une réponse idiote). "Sinon,
je le note sur mon plan de classe au crayon de papier" (1ère remarque).
"Si je dois refaire une remarque, vous le recopierez 100 fois" : "je dois
lever la main et attendre d'être interrogé pour parler".
Même chose pour bavardage.
- D'abord changer l'élève de place
définitivement en mettant les bavards devant sous notre nez. Même s'ils rechignent,
certains aiment bien en fait car ils se sentent plus considérés, cela quand leur
agitation est un appel à l'affection (de toutes façons quand on a annoncé quelque
chose, toujours le faire) (ces élèves perdent le droit de changer de place à leur
guise).
- En même temps, donner une remarque à
marquer au crayon sur mon plan de classe. "Si je dois refaire une remarque, vous
recopierez 2 pages du livre pour la prochaine fois". Si cela se produit
(c'est-à-dire que je suis obligée de refaire une remarque de rappel à l'ordre), prendre
leur carnet de liaison à laisser sur notre bureau pour ne pas oublier de le remplir à la
fin de l'heure. A la fin de l'heure, marquer la punition sur le carnet de liaison, à
faire signer par les parents : faire recopier deux pages sur la leçon en cours, à
bien noter (pour pouvoir le réclamer) sur notre cahier de texte tenu
rigoureusement, où l'on écrit tout.
- Les remarques s'annulent à la fin de
chaque heure (qu'ils puissent démarrer "neufs" à chaque fois) : je gomme le
signe sur le plan.
- Si un jour, un après-midi, une classe est
trop bruyante en début d'heure (ou même après), on peut annoncer une "remarque
générale" (ceux qui en ont déjà une la gardent) : à la 1ère nouvelle remarque,
punition immédiate au bavard. C'est très efficace, ça a l'inconvénient de susciter
beaucoup de punitions lourdes à gérer (on peut ne donner qu'une page, à moduler selon
la pénibilité de l'élève). A user avec modération.
- Si une punition n'est pas faite, mettre un
0 qui compte dans la moyenne (de travail), c'est bien plus simple à gérer (que de donner
le double). Ça arrive qu'ils aient réellement oublié une punition réellement faite, à
ce moment là je mets le zéro à l'encre, puis le mets entre parenthèse "en
sursis" quand l'élève me rend sa punition (le sursis signifie que le 0 ne compte
que si l'élève devait de nouveau oublier une punition) (on n'a droit qu'à un sursis par
trimestre, bien sur).
- Si une punition ne suffit pas, menacer,
puis donner 1-2 h de colle à une heure où ça les oblige à revenir (à repérer en
début d'année sur leur emploi du temps par rapport au nôtre) : uniquement quand c'est
grave, à utiliser rarement. Encore plus grave et plus rare : l'exclusion, avec un
travail, l'élève est accompagné du délégué qui ramène signé par le CPE le petit
mot où on marque le travail à faire.
On peut aussi mettre l'élève pénible au
fond à l'envers, ou devant avec du travail (livre à recopier, phrase à tous les temps).
"Je vous conseille de ne pas être
bruyants : je donne toujours la parole, les feuilles à distribuer etc. aux plus
discrets". Et réellement ne donner la parole qu'aux élèves qui lèvent
discrètement la main.
Retard : le noter (R à côté du
nom). Prévenir qu'on n'acceptera pas l'élève au 3è retard même justifié, et
évidemment le refuser en classe et lui donner du travail. Avertir l'administration qui a
peut-être d'autres manières de faire. Etre soi-même à l'heure. (Après une exclusion,
l'élève repart à neuf).
Travail donné à la maison. Donner un
peu de travail à chaque fois, pour les obliger à ouvrir le cahier et apprendre la
leçon. Bien prendre 3-4 minutes avant la sonnerie pour prendre le temps de le noter, à
marquer toujours au tableau, toujours au même endroit par exemple en haut à droite. Le
vérifier à chaque fois en début d'heure, en passant dans les rangs. Si ce n'est pas
fait, prendre le carnet à mettre sur notre bureau pour penser à y mettre un mot :
"tel travail non fait, à faire en double pour telle date". Du coup, il faut
prévoir un peu plus de photocopies lorsque le travail consiste à compléter une
carte
La fois d'après, si le travail n'est pas fait, on met un 0, comme toute chose
non rendue de leur part. Ça semble sévère (d'autant qu'on compte réellement les 0 dans
la moyenne, la "moyenne de travail"), mais c'est efficace.
L'excuse "j'étais absent" est
toujours embêtante : ne pas l'accepter si l'élève est rentré depuis plus d'un jour ;
si on a des doutes, vérifier sur le cahier d'absences de la classe (d'où l'intérêt
d'avoir un cahier d'absences bien tenu) (l'idéal est d'organiser des tandems en début
d'année : lorsque l'un est absent, l'autre prend les documents et le travail) (à
proposer pour les séances de méthodologie si ça existe).
Pour le travail ramassé et noté, enlever -2
par cours de retard (sur 20 = même principe que les retards pour les impôts
),
mettre un 0 si le travail n'est pas rendu, à compter dans la moyenne évidemment. Là
aussi, annoncer les sanctions avant.
Attention pour tous ces 0 : marquer en petit
sur le carnet de notes à quoi ça correspond, pour clouer le bec des élèves qui ne
manqueront pas de contester la légitimité du 0 au moment de la constitution des moyennes
à la fin du trimestre. En fait, si on est toujours rigoureux et cohérent, on met peu de
0, car les élèves ont intégré qu'on était capable de les mettre et de les tenir.
Présence du matériel, livre et cahier.
Plusieurs possibilités pour le livre :
- avoir une quinzaine de livres du collège
dans une armoire, que l'on distribuera en début d'heure quand nécessaire.
- prévoir quand on aura besoin du livre et
leur faire marquer sur le cahier de texte, histoire de ne pas les encombrer inutilement.
- si on s'en sert beaucoup, demander le livre
à chaque fois. Eventuellement leur proposer de n'en avoir qu'un pour deux. Ils doivent
définir leur tour précisément (toujours le même jour, ou semaine 1/semaine 2, plus
difficile à gérer). C'est plus embêtant si l'un d'entre eux oublie, mais, à
l'expérience on peut leur faire confiance, même (surtout
) aux 6è.
Tout oubli de livre et de cahier est noté
sur le plan avec une barre. "Je le note et vous avez intérêt à ne pas abuser en
oublis", mais je ne leur dis pas au bout de combien de "barres" ils ont une
punition. J'ai remarqué que cette incertitude était assez efficace et que ça permettait
d'introduire de la souplesse dans la gestion des "caractères" des élèves
(certains font réellement des efforts, mais sont tout aussi réellement étourdis
).
Je me suis surprise à être de plus en plus sévère aussi concernant le matériel
(colle, ciseaux, crayons de couleur, règle), à interdire tout prêt entre élèves (ça
devient vite impossible à gérer), et même à faire des "vérifications" de
colle : tel jour où je sais que je leur distribue des photocopies, je leur dis qu'il y
aura vérification de colle : celui qui ne l'a pas a une punition, toujours deux pages du
livre à recopier (on peut faire aussi des vérifications impromptues, ou systématiques,
surtout en début d'année, pour leur faire prendre de bonnes habitudes).
Pendant un contrôle.
- Ne rien tolérer sur la table (à la limite
une feuille blanche en guise de sous-main) : c'est une bonne habitude pour la
tranquillité future. Mettre les meilleurs tout seuls (plutôt que les éventuels
copieurs). Expliquer la mise en page du contrôle (laisser de la place en haut,
éventuellement par 2 traits rouges).
- Faire éventuellement deux versions un peu
différentes (sans le dire la première fois : le copiage avéré est encore plus
ridicule), à distribuer normalement mine de rien.
- Etre très vigilant sur les antisèches,
sur le copiage, sur les échanges éventuels (à la limite en provoquant le flagrant
délit : en ne regardant pas trop dans une direction où on sent que ça copie, puis en
les regardant brusquement). Essayer de marquer le coup dès la 1ère occasion
avérée (en classe ou suite à la correction) : diviser la note par deux, même si le
copiage ne porte que sur une question. C'est très efficace, même si ça semble exagéré
(plus tard, on ne pourra plus revenir sur certaines mauvaises habitudes).
Pour les classes plus bruyantes, qui ne se
taisent pas en début de contrôle : "si le bavardage continue, je mets un 0
immédiatement au bavard", si possible en interro surprise : ça fait mouche et ce
n'est pas trop grave.
- Ils ont le temps qu'il faut pour effectuer
le contrôle, je n'annonce pas une durée définitive. En fait, "je ramasse 5 minutes
après que la moitié de la classe a rendu sa copie".
- Interro surprise : ramasser soi-même en
passant dans les rangs, dans l'ordre (faire rassembler les feuilles d'une rangée).
- Faire signer le contrôle par les parents.
Si l'élève a oublié de faire signer son contrôle, il est délicat de le sanctionner en
enlevant des points : lui prendre son carnet où on inscrira :"Untel a eu telle note
(à faire pour les notes inférieures à 10), à faire signer (et c'est seulement là
qu'il faut mettre un 0, si l'élève n'a pas fait signer son carnet). J'avoue être plus
sévère sur le travail et le matériel que la signature des parents : il y a déjà
tellement de choses à vérifier. A faire rigoureusement au début, pour faire prendre le
pli.
- Rendu de contrôle : pour certains
élèves, on peut leur proposer de recopier le contrôle en corrigeant les fautes
d'orthographe, ce qui rajoutera 1/2 ou 1 point.
- Notation : ne pas surnoter par indulgence :
l'élève s'il n'a pas travaillé, se sentira encouragé à ne rien faire.
Constitution des moyennes (à bien
expliquer). Ils ont 2 moyennes marquées sur le bulletin : une basée sur les "gros
contrôles" (les contrôles de synthèse sur une leçon, plus basés sur la
réflexion). Et une 2ème moyenne "de travail" basée sur tout le
reste, notamment les interros de carte, les interros surprise, les interros de vocabulaire
etc. c'est à dire des choses plus faciles, plus basées sur l'apprentissage et moins sur
la réflexion. Je compte les 0 dans cette moyenne de travail, ce qui permet d'avoir le
courage de les compter
(ainsi les 0 apparaissent quelque part, souvent en
"abîmant" une moyenne correcte, sans toucher à la moyenne des "gros
contrôles", qui me paraît plus significative
).
ORIENTATION
- Arguments pour faire accepter un
redoublement
. Une année scolaire coute 35 000 F par an :
le ministère nous conseille de faire passer le plus possible. Si on propose un
redoublement, c'est qu'on pense que ce sera vraiment utile (on ne le propose pas à tous)
. "Tu pourrais passer, mais risque de
difficultés" : l'enfant a plus l'impression que son redoublement est un choix (il
peut le présenter ainsi aux copains) |