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Chronologie indicative
Le devoir ne peut en aucun cas être un commentaire de
cette chronologie.
1958 De Gaulle, président de la République.
1960 Indépendance de lAfrique noire francophone.
1962 LAlgérie indépendante. Création de la politique
Agricole Commune.
1963 Traité damitié et de coopération franco-allemand.
De Gaulle repousse la candidature du Royaume-Uni à lentrée
dans la CEE.
1964 Reconnaissance par la France de la Chine communiste.
1966 La France se retire de lOTAN mais reste dans lAlliance Atlantique.
Discours de De Gaulle à Phnom Penh. De Gaulle en URSS.
1967 Condamnation française de la politique dIsraël lors
de la guerre des Six Jours.
1968 Bombe H française. Discours de de Gaulle à Montréal
: " Vive le Quebec Libre ".
1969 De Gaulle démissionne.
DÉVELOPPEMENT
Pendant ses années de " traversée du désert " le
général de Gaulle a rédigé ses mémoires
qui ont révélé, sil en était besoin, son souci
unique et lancinant : celui de la grandeur de la France. Il est donc naturel
que, revenu aux affaires en 1958, il se soit très vite attribué
comme " domaine réservé " du président de la République,
le soin des problèmes internationaux.
Jusquen 1962, les problèmes coloniaux, notamment le drame algérien,
lempêchent de mener à bien comme il lentend une vraie politique
de grandeur nationale.
Cest donc, surtout après les accords dÉvian, que le
président de Gaulle applique son grand projet qui consiste à
faire retrouver à la France une influence perdue.
Dans ce combat, le rival se trouve être la grande puissance du
camp occidental, camp auquel appartient la France : les États-Unis,
cest contre leur hégémonie que de Gaulle bâtit sa
politique internationale, diversifiant au maximum les alliances du pays
; si, dans ce domaine, il marque une rupture nette avec la quatrième
République, dans celui de la construction européenne, au
contraire, il poursuit l'uvre engagée par ses prédécesseurs,
tout en lui imprimant son obsession dindépendance nationale qui
va le mener à définir " lEurope des patrie " par opposition
à une Europe supranationale.
I Le règlement des conflits coloniaux
A. Le drame algérien.
Cest à la suite dune émeute à Alger, le 13 mai
1958, alors que les affrontements entre le pouvoir métropolitain
et le FLN ont commencé dès novembre 1954, que le général
de Gaulle a été rappelé au pouvoir, ce retour consacrant
limpuissance de la quatrième République à régler
le problème algérien.
À peine nommé chef du gouvernement, il se rend en Algérie
où il reçoit un triomphe.
Aussi bien en métropole quen Algérie, de Gaulle semble
le mieux placé pour régler au plus vite ce qui est devenu
une véritable " guerre sans nom ".
Il est difficile de savoir quelles étaient les intentions de
de Gaulle sur lAlgérie, il semble plausible quil ait pensé,
pendant quelque temps, possible de la garder, puis que, la guerre persistant,
il se soit peu à peu résolu à négocier, dautant
que cette guerre, critiquée à lONU, valait à la France
les remontrances des États-Unis et empêchait le président
de laisser libre cours à ses projets de politique internationale.
Plusieurs temps peuvent être distingués dans la politique
algérienne du général de Gaulle : en 1958, une période
où est tentée lintégration des Algériens à
la France, avec l'application du plan de Constantine qui visait à
moderniser lAlgérie et à donner des droits aux Algériens.
Parallèlement lappel à " la paix des braves " est une
main tendue vers les soldats du FLN pour que les négociations sengagent.
Le FLN ayant refusé, la guerre continue et, militairement, semble
un succès pour la France. Pourtant de Gaulle comprend que l'intégration
est impossible et sengage lentement à partir de septembre 1959
vers lidée d'autodétermination de lAlgérie, cest
alors un tournant du conflit, car les Français dAlgérie,
qui ne veulent de cette solution à aucun prix, soutenus par une
partie de létat-major de larmée sy opposent avec la plus
grande violence.
À deux reprises au moins, le pouvoir est directement mis en cause
: en janvier 1960, lors de la semaine des barricades, en avril 1961, où
le putsch de quatre généraux met la République en
péril. Malgré tout, malgré surtout la création
de lOAS, qui multiplie les attentats en France et en Algérie, de
Gaulle poursuit sa politique : les négociations avec le FLN commencées
en 1961, sachèvent le 18 mars 1962 avec les accords dÉvian
qui reconnaissent lindépendance de lAlgérie.
B. Lindépendance de lAfrique noire.
De Gaulle continue l'uvre entreprise sous la Quatrième République
avec la loi-cadre Defferre, dès 1958 il propose aux colonies dAfrique
noire un choix entre deux solutions : soit lindépendance immédiate
- cest le choix que fait la Guinée - soit lentrée dans
la Communauté française.
Celle-ci, choisie par douze États dAfrique, se révèle
en fait comme une étape de transition vers lindépendance,
en 1960 elle a déjà disparu, les États sont tous indépendants
mais ils restent solidement alliés à la France par des accords
de coopération, il sagit là, à linverse du cas algérien,
dune décolonisation réussie de façon pacifique.
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Le refus de la bipolarité : la diversification
des alliances
-
La rivalité avec les États-Unis.
Pour de Gaulle il est essentiel que la France retrouve le statut de grande
puissance, il est alors inévitable quil soit amené à
remettre en cause le " leadership " américain sur lEurope occidentale.
Cest donc une politique dindépendance quil met en place dès
son retour au pouvoir.
Le premier aspect de cette politique consiste à se doter dune
arme nucléaire, la " force de frappe " qui permette à la
France dassurer seule sa défense, cest chose faite avec lexplosion
de la première bombe A française au Sahara, en 1960.
Une fois libéré du problème algérien, de
Gaulle continue activement son action qui lamène à refuser
le " grand dessein " du président Kennedy en 1963 et à quitter
lOTAN en 1966. Signalons cependant que cette contestation de la domination
américaine namène pas de Gaulle à renoncer aux alliances
de la France, celle-ci reste membre de lAlliance Atlantique et, en 1962,
lors de la crise de Cuba, de Gaulle, consulté par Kennedy, la assuré
du soutien français en cas d'affrontement avec lURSS.
Pourtant de Gaulle ne cesse de contester tous les aspects de la politique
des États-Unis, soit en critiquant depuis Phnom Penh la guerre du
Viêt-nam, soit en encourageant les Québécois à
prendre leur indépendance par rapport à un Canada américanisé,
soit enfin en exigeant, en 1965, le remboursement en or des dollars de
la Banque de France.
B. La recherche de nouveaux partenaires.
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Dans le bloc de lEst. Lindépendance par rapport
aux Etats-Unis passe, pour le général de Gaulle, par un rapprochement
avec les États du bloc communiste.
Celui-ci se concrétise dune part par la reconnaissance en 1964
de la Chine communiste mais surtout par un rapprochement avec lURSS marqué
par un voyage du président français à Moscou en 1966,
voyage qui amorce une politique de coopération économique
entre les deux états.
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Dans le tiers monde. Pour maintenir le rang mondial
de la France, tout en rivalisant avec les États-Unis, de Gaulle
juge indispensable de faire de la France une grande puissance amie des
peuples du tiers-monde, son rapprochement avec la Chine peut dailleurs
être lu autant comme un indice de cette politique que comme une ouverture
à lEst. Il maintient sa politique de coopération avec les
États dAfrique noire, il multiplie les voyages : Cambodge, Mexique,
lance une politique de rapprochement avec les pays arabes qui lamène
en 1967, lors de la guerre des Six Jours à prendre nettement parti
contre Israël dont les habitants napprécient guère
dêtre traités de " peuple sûr de soi et dominateur
". Cette politique, assortie dune aide financière relativement
élevée, rend la France extrêmement populaire dans le
tiers-monde.
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De lalliance franco-allemande à " lEurope
des patries "
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Oui, à lEurope économique.
Contrairement à ce quauraient pu laisser supposer les critiques
des gaullistes à la politique européenne de la Quatrième
République, de Gaulle continue celle-ci et la construction dune
Europe économique se poursuit sous ses présidences, ainsi
cest la France qui pousse à la constitution dune Europe agricole
qui se dessine avec la création en 1962 de la PAC : celle-ci qui
instaure la libre circulation des produits agricoles dans la CEE, le principe
de la préférence communautaire et, surtout, une garantie
des prix aux agriculteurs, permet des progrès décisifs de
la CEE dans le domaine agricole, progrès qui profiteront essentiellement
à la France et qui aideront grandement à sa modernisation
agricole.
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Non, à lEurope supranationale.
Tout en refusant absolument une Europe supranationale (en 1965 la France
refuse de siéger pendant quelques mois dans les instances communautaires
pour marquer son opposition à un projet de fédération
européenne) et en soutenant vigoureusement une politique dite de
" lEurope des patries " où chaque État garde jalousement
son indépendance, de Gaulle nest pas hostile à une politique
européenne commune ; il lenvisage volontiers comme dominée
par un axe franco-allemand.
Il lorganise par des rapprochements avec la RFA, concrétisés
en 1963 par un traité de coopération ainsi que par des liens
privilégiés avec le chancelier Adenauer, liens qui se distendent
avec les successeurs de celui-ci.
Surtout, de Gaulle veille, en sopposant par deux fois - 1963 et 1967
- à lentrée de la Grande-Bretagne dans le Marché
commun, à mettre la CEE à labri de linfluence des États-Unis,
ce qui permet à la France davoir une place prédominante
en Europe.
Cette influence de la France au sein de la CEE se révèle
bien en 1965 quand, par le compromis de Luxembourg, il obtient que toutes
les décisions importantes de la CEE continuent dêtre prises
à lunanimité de tous les États participants.
Conclusion.
Obsédé par la grandeur de la France, le général
de Gaulle mène une politique qui, dans le domaine des relations
avec lallié privilégié que sont les États-Unis,
est sensiblement différente de celle de ses prédécesseurs.
Cette ambition de traiter dégal à égal avec la première
puissance du monde lamène à renouer des liens avec les pays
du bloc communiste, à chercher à constituer à la France
une zone dinfluence dans le tiers monde après avoir réglé
les problèmes de décolonisation qui avaient provoqué
lagonie de la quatrième République. Cette politique de grandeur
de la France, si elle permet effectivement à la France de jouir
dune grande popularité dans les pays en voie de développement,
- ce qui na pas été sans retombées politiques et
économiques qui persistent encore - naboutit cependant pas au rêve
gaullien dune France égale en puissance aux États-Unis,
ceux-ci restent les leaders du bloc occidental.
De même, en ce qui concerne la poursuite de la construction européenne,
il faut bien constater que, si les rapports privilégiés avec
lAllemagne se poursuivent encore actuellement, dès sa démission
en 1969, le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou,
acceptait lentrée de la Grande-Bretagne dans la CEE. Pourtant tous
ses successeurs, quels quils soient, se sont toujours réclamés
de lui et de son ambition pour la France, et il faut bien constater que
nul après lui (même en période de cohabitation) na
modifié une tradition non écrite, imposée par le général
de Gaulle : celle qui consiste à faire des Affaires étrangères
le " domaine réservé " du président de la République. |