LA PARABOLE DU BON SAMARITAIN
(MODULE SECONDE FRANCAIS-HISTOIRE)

  jean-christophe.delmas@wanadoo.fr

Lecture du texte.

Demander aux élèves de noter les termes, les noms et les lieux qu’ils ne connaissent pas (repérage sur une carte de la région)

1/ Introduction parallèle français-histoire :

Présentation du texte :

- nature du document et présentation de l’auteur : passage de l’Evangile* de Luc. Le document relate donc un passage de la vie du Christ, ou une parole de celui-ci. Luc est l’un des quatre évangélistes. C’est un compagnon de Paul. On lui doit le troisième Évangile ainsi que les Actes des Apôtres. L’extrait est une parabole. En grec, parabole signifie " comparaison " (littéralement : "lancé à côté"). C’est un petit récit imagé faisant souvent appel à une expérience quotidienne, pour mieux faire comprendre une grande vérité. Les rabbins en utilisaient beaucoup et Jésus a dû s’en souvenir. Les Évangiles citent une cinquantaine de paraboles utilisées par jésus.

- contexte (dans le cas d’un texte rédigé postérieurement à l’événement, il y a deux contextes : celui de l’événement, et celui de la rédaction du texte) : la parabole du bon Samaritain intervient à un moment où Jésus a déjà commencé à prêcher et à livrer son message, entouré par ses compagnons. Il a fait des miracles (guérisons de maladies physiques, de possédés...). Ici, il répond à une question de l’un de ses disciples. Luc écrit son Évangile vers 85, alors que la génération des apôtres s’éteint. A cette période, les communautés chrétiennes se multiplient. Il faut rassembler ce que l’on sait pour fixer par écrit le message chrétien, afin de le transmettre à ces communautés.

Problématique : quel est la fonction de la parabole ?

2/ Définitions, vocabulaire, localisation.

Indiquer Jérusalem et Jéricho sur la carte. L ’action se déroule donc en Judée.

Lévite : membre de la tribu de Lévi voué au service du Temple. Les lévites n’ont pas le droit de toucher un mort (impureté).

Samaritain : habitant de la Samarie (province centrale de la Palestine). Pour les habitants de la Judée, c’est un étranger, et les Samaritains étaient méprisés par beaucoup de Juifs. Depuis des siècles, ces communautés sont en conflit religieux.

Légiste : Juif, connaisseur de la loi (des textes réglementant la vie en communauté des Juifs) et de la Bible hébraïque qu’ils étaient chargés d’expliquer et d’enseigner. Pour nous, ils seraient à la fois hommes de loi et prêtres.

3/ Résumé des idées principales du texte.

Vérifier que les élèves ont compris l’action.

Définition et stratégie de la parabole (en français).

1/ expliquer une idée abstraite par une histoire concrète 2/ répondre à une question par une autre question 3/ déplacer la question : la question n'est plus "qui est mon prochain ?", mais "que puis-je faire pour être le prochain de quelqu'un ?"

4/ Critique externe du texte.

Note : on ne peut pas exactement démêler les intentions de l’auteur du texte ni de Jésus lui-même. On peut cependant formuler des hypothèses.

- Pourquoi Jésus donne-t-il le beau rôle à un Samaritain, c’est-à-dire à un étranger ?

Pour montrer que les étrangers sont meilleurs de nous-mêmes (cf Évangile = message d’amour) ? Pour montrer que notre " prochain " n’est pas seulement un membre de notre communauté ?

Pour essayer de résoudre le conflit entre Juifs et Samaritains, afin que son message et son influence aient une portée plus grande ? Il faut noter qu’après la Judée, la Samarie fut le premier champ d’action des missionnaires chrétiens.

Autre hyp. : c’est Luc qui choisit la parabole : il ne s’adresse pas aux Juifs, mais à des communautés de chrétiens dans l’Empire romain. il veut donner un aspect universel au message du Christ, pour que tous se sentent concernés.

- Pourquoi Jésus donne-t-il le mauvais rôle au prêtre et au lévite ?

Pour montrer qu’il n’est pas besoin d’étudier pour faire preuve de bonté (" bienheureux les simples d’esprit ").

Autres hyp. : Jésus prend ses distances vis-à-vis de la Loi, comme il le fait en d’autres occasions. Voire, Jésus n’aime pas les prêtres et les lévites (hypothèse de l’éducation essennienne de Jésus).

Enfin, c’est peut-être dû à Luc : il donne le beau rôle à un non-juif et critique les Juifs (il écrit dans l’Empire romain...).

En quoi la critique historique permet-elle d’affiner l’analyse littéraire ?

5/ Conclusion

A quoi la parabole sert-elle ? Hypothèse : c’est un excellent moyen d'argumentation. En effet, si Jésus mettait en cause directement ses interlocuteurs, ceux-ci se sentiraient agressés et prendraient une attitude défensive, voire de rejet. Or, la parabole les place sur un terrain neutre, tout en les plaçant dans une situation analogue de celle des personnages. Ils peuvent alors changer d’avis sans perdre la face. Par ailleurs, la parabole peut interroger à distance les générations suivantes. Chacun peut s’identifier avec l’un ou l’autre des personnages. Enfin, avec la parabole, Jésus "universalise" la loi de Moïse : il la sort du contexte de la tribu, des limites du clan.

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