Décolonisation et émergence du Tiers Monde.

Stéphane Paquelin, 
Lycée Henri Vincenot de Louhans
s.paquelin@caramail.com

Introduction

Au cours de la 2e moitié du XIXe siècle la plupart des pays européens ont fondé des empires coloniaux. Or dès la première moitié du XX e siècle cette domination avait été remise en cause notamment à travers le développement de mouvements nationalistes. Après la seconde guerre mondiale ces mouvements vont reprendre, se renforcer et finalement toucher l’ensemble du monde dominé avant d’avoir gain de cause dans un vaste processus de décolonisation.

Parallèlement à ces vagues d’émancipation le monde se divise en deux blocs opposés, deux camps qui ne satisfont pas les nouveaux pays qui vont chercher une troisième voie entre capitalisme et marxisme. Nous verrons que cette recherche n’aboutira pas : ils seront instrumentalisés par chacun des camps en lice.

Mais avec la détente, puis la fin de la guerre froide, ce débat devient bientôt caduc et depuis la question pour ces pays d’un nouvel ordre mondial qui leur permettrait enfin de s’épanouir en toute indépendance se pose.

Pbm : Un ensemble de pays dont l’évolution a finalement toujours été soumise à des facteurs extérieurs.

  1. 1945-1962 : bipolarisation et principales décolonisations.
  1. La décolonisation en Asie.
  1. Le monde indien et l’Indonésie.
  1. La naissance de l’union indienne et du Pakistan.

  2. Docs associés : bios de Nehru et Gandhi

    La volonté d’indépendance est déjà ancienne en Inde où existent deux partis nationalistes principaux, le parti du Congrès et la ligue musulmane. Or le premier des deux a été fondé en 1886.

    Ses animateurs sont Nehru et Gandhi. Ils fondent leur action sur la pratique de l’action non violente et revendiquent l’indépendance de leur nation comme l’indique notamment la résolution " quit india " prise en 1942.

    Au sortir de la guerre la situation change en Grande Bretagne : A Churchill, opposé à l’indépendance de l’Inde succède un gouvernement travailliste qui lui va donner l’indépendance à l’Inde.

    Toutefois alors que Gandhi souhaitait une l’indépendance dans un seul Etat, la ligue musulmane dirigée par Ali Jinnah souhaite la création de deux Etats regroupant les deux religions principales. Ils a gain de cause et en août 1947 deux Etats sont donc créés : l’Union Indienne à majorité hindoue et le Pakistan à majorité musulmane.

    Cette séparation et les mouvements de population qui en résultent se passent très mal : les massacres se multiplient, ils causeront près d’un million de morts.

    Dans la continuité d’autres possessions britanniques gagnent également leur indépendance : Ceylan en 1948. Pour la Birmanie il faut attendre 1957.
     

  3. L’Indonésie.

Dans l’archipel indonésien, sous domination néerlandaise, le processus de décolonisation se heurte aux réticences de la métropole. Le leader indépendantiste, Sukarno, proclame unilatéralement l’indépendance en 1945. Dans un premier temps le gouvernement néerlandais reconnaît cette indépendance, mais il revient bientôt sur sa position sous la pression de l’opinion publique et des lobbies coloniaux.

A partir de 1947 diverses opérations militaires sont menées mais cette politique est desservie par le contexte international : les USA font pression sur les Néerlandais pour mettre fin à cette domination. Leur opposition à la colonisation sera d’ailleurs une constante, tout au moins tant que cela n’a rien à voir avec l’opposition aux soviétiques. De même les Soviétiques soutiennent tous les mouvements nationalistes. En effet les puissances coloniales appartiennent toutes au bloc occidental, cela permet donc de l’affaiblir. Cette attitude s’explique également par des considérations idéologiques.

A cela il faut ajouter la pression de l’ONU qui se fait caisse de résonance de ces oppositions.

Finalement l’indépendance de l’Indonésie est reconnue définitivement en 1949.

TR : Ce n’est pas le seul endroit ou la résistance de la métropole conduise à une guerre coloniale.
 

  1. La guerre d’Indochine.
    1. L’indépendance ratée.

    2. Carte Hachette p 224 + commentaire

      Durant la deuxième guerre mondiale la péninsule indochinoise avait été occupée par les Japonais qui y avaient développé une propagande anti européenne, laquelle s’était ajoutée aux prémices nationalistes qui s’étaient manifestés dés l’entre deux guerres (parti communiste indochinois dés 1929).

      Un leader nationaliste s’était déjà manifesté, Hô Chi Minh, qui allie marxisme et nationalisme, et proclame en 1945 l’indépendance de la République Démocratique du Viet Nam. Divers opérations militaires menées par le général Le Clerc semblent conduire à un rétablissement de l’ordre, mais les négociations qui suivent échouent : les Français se résignent à l’indépendance mais veulent diviser la péninsule en plusieurs Etats avec notamment une république de Cochinchine.

      L’agitation se développe jusqu’au moment où les Français bombardent Haïphong (part du Nord) en novembre 1946 et causent des centaines de morts. En réponse des massacres d’européens surviennent à Hanoï en décembre 1946, la guerre d’Indochine commence.
       

    3. La guerre d’Indochine.

    Une guerre difficile s’engage : l’armée française a du mal à lutter contre une guérilla insaisissable et bien équipée grâce à l’aide soviétique. De plus l’opinion publique française se moque de ce qui se passe et les Etats Unis refusent de s’impliquer dans un conflit qu’ils considèrent comme passéiste parce que colonial.

    Tout change à partir de 1949 quand la Chine devient communiste et quand la guerre de Corée commence : l’Indochine s’inscrit alors dans un contexte plus large qui est celui de la guerre froide. Les Américains financent alors la guerre des français tandis que l’URSS et la Chine accentuent leur soutien au Viet Minh.

    Le camp communiste semble le plus fort et les Français ne parviennent pas à prendre le dessus. Dans le même temps après la mort de Staline en 1953 les Américains proposent de régler l’ensemble du problème par une conférence prévue à Genève. Pour pouvoir négocier en position de force la France décide de gagner une véritable bataille. Elle concentre ses troupes dans une place forte située sur la route d’approvisionnement du Viet Minh. Mais après 54 jours de combat, le 7 mai 1954 la place forte tombe. Dans un tel contexte la France ne peut pas négocier grand chose et doit se résigner en juillet 1954 à l’indépendance d’un Viet Nam séparé en deux Etats, un communiste et l’autre non communiste. Elle reconnaît en même temps l’indépendance du Laos.

    TR : En 1954 la plupart des pays colonisés d’Asie ont donc accédé à l’indépendance. Très vite les nouveaux Etats éprouvent le besoin d’une concertation, elle se manifeste notamment par la conférence de Bandoung.
     

  2. La conférence de Bandoung.

Doc 18 p 198 et Doc Hachette 1 p 236

Elle est organisée par Sokarno et a lieu en avril 1955. Elle consacre d’une part l’achèvement de la décolonisation de l’Asie mais pas seulement puisqu’elle regroupe en tout 29 pays parmi lesquels des pays africains tels que l’Egypte. Ils représentent plus de 50% de l’humanité.

La conférence condamne le colonialisme et réclame le soutien de l’ONU dans la lutte pour l’indépendance qui se poursuit dans de nombreux pays.

Elle est importante non pas à cause de ses résultats concrets au demeurant assez mineurs, mis par le fait qu’elle met en scène ceux qui ont réussi et constitue donc un encouragement, notamment pour les nombreux pays africains qui sont restés sous tutelle. Des personnalités marquantes comme Nasser et Nehru y affirment également le refus de s’intégrer dans un des blocs, même si ce principe du non alignement ne se concrétisera réellement que progressivement.
 

  1. La décolonisation en Afrique.

  2. Carte n°5 p 193 : projeter transparent.
     

    1. Afrique britannique

    2. La décolonisation dans les territoires d’Afrique de l’Ouest où un passé nationaliste existe (dés les années 20 des organisations nationalistes s’y sont développées et la métropole a organisé des organisations locales.

      En 1951 le Ghana obtient l’autonomie à la suite du succès du parti de N’Krumah, une autonomie qui se transforme en 1957 en indépendance. Après ce précurseur les indépendances se succèdent : Nigéria en 1960, Sierra Léone en 1961.

      N’Krumah avait rêvé d’une unité africaine mais il ne parvient pas à imposer sa vision et les frontières héritées de la colonisation seront conservées.

      En Afrique de l’Est la décolonisation est plus compliquée du fait d’affrontements raciaux. Cela n’empêche pas les indépendances (Tanganyka en 1961 qui devient avec l’île de Zanzibar la Tanzanie, Ouganda et Kenya en 1963..

      En Afrique méridionale la décolonisation donne naissance à un système politique original et répugnant, l’apartheid : Ainsi en Rhodésie du Sud les colons blancs assez nombreux déclarent unilatéralement leur indépendance en 1965 et établissent le régime de l’apartheid, proche de celui de l’Afrique du Sud. Cette domination va se poursuivre jusqu’en 1980.

      => On constate donc une décolonisation qui se passe relativement bien, la Grande Bretagne faisant globalement preuve de pragmatisme et de discernement. Il en ira de même avec les possessions françaises d’Afrique Noire.
       

    3. Afrique noire française.

    4. Doc 13 p 197

      A l’exception de Madagascar où en 1947 une grave révolte sera réprimée dans le sang par l’armée l’idée de décolonisation a progressé sans tension majeure en Afrique Noire française. Ainsi dés 1946 la constitution de la 4e république accorde à tous ces territoires un début d’autonomie interne et le droit d’élire des députés au parlement français : le Sénégalais Léopold Sedar Senghor et l’Ivoirien Houphouët Boigny seront donc élus, ils seront même un temps ministres. Le second sera même en 1956 l’un des auteurs de la loi-cadre Defferre qui accroît l’autonomie de ces territoires.

      Une seconde étape est enclenchée à partir de 1958 où De Gaulle arrivé au pouvoir à la suite de la crise politique du 13 mai leur donne le choix entre l’indépendance immédiate et l’appartenance à une structure nommée la Communauté française ( cela signifie une autonomie interne et une aide économique mais aussi une certaine dépendance à l’égard de la France en matière de défense, de diplomatie et de monnaie) : def p 196.

      A l’exception de la Guinée toutes les colonies choisiront l’appartenance à la communauté française. Une solution toute provisoire puisque dés 1960 elles deviendront indépendantes par octroi. Toutefois des accords maintiendront une très forte influence de la France dans cette zone.

      TR : les bonnes conditions dans lesquelles cette émancipation se déroulent rendent d’autant plus étonnante la violence avec laquelle celle du Maghreb se déroulera.
       

    5. La décolonisation du Maghreb.
  1. Le Maroc et la Tunisie.

  2. Ces deux pays jouissent depuis leur colonisation (1911 et 1882) d’un statut spécial, celui de protectorat, c’est à dire d’une certaine autonomie interne symbolisée par le maintien de structures dirigeantes antérieures (Bey pour la Tunisie, Sultan pour le Maroc).

    Cela n’empêche pas l’existence de mouvements nationalistes dans lesquels militent notamment des membres de l’élite indigène souvent formée à l’école de la métropole. Au Maroc se développe le parti de l’Istiqlal, inspiré par le sultan Mohammed Ben Youssef et en Tunisie le Néo Destour dirigé par Bourguiba.

    Face à ces revendications la France hésite, elle s’appuie sur les grands propriétaires contre le sultan et en Tunisie cède à la pression des colons pour refuser toute avancée.

    Mais cette attitude est dénoncée par l’ONU et il se trouve que Pierre Mendes France, arrivé à la tête du gouvernement en 1953 a des idées plus avancées que ces prédécesseurs, il vient de négocier l’indépendance indochinoise et continue la série en accordant d’abord l’autonomie interne puis l’indépendance en mars 1956.

    Mais à cette date la guerre d’Algérie a commencé depuis déjà deux ans.
     

  3. L’Algérie.

L’Algérie présente un visage très particulier dans le paysage des territoires colonisés. En effet c’est une des plus vieilles colonies françaises et de surcroît elle est peuplée de près d’un million d’Européens pour 8,5 millions d’Arabes et de Berbères. Ce territoire est en outre placé sous administration directe, divisé en 3 départements et où la France n’a pas réalisé la moindre réforme plaçant ce territoire sur la voie de l’autonomie interne. Les populations indigènes ne sont pas non plus impliquées dans la vie politique, contrairement à ce qui s’est passé en Afrique Noire.

Doc 11 p 195

La situation est donc mûre pour qu’une agitation se développe. Or dés les années 30 des mouvements nationalistes se structurent et durant la seconde guerre mondiale lorsque l’Algérie est libérée par les alliés, les Américains soutiennent les nationalistes.

Toutefois il faut attendre les années 50 pour que la situation se dégrade. En effet il a fallu aux mouvements nationalistes le temps de se restructurer après la répression qui les avait frappés à la suite de graves émeutes en 1945 à Setif et Gelma.

A la Toussaint 1954 une vague d’attentats est déclenchée par un des mouvements nationalistes, le FLN. La France refuse de céder mais annonce des réformes qui ne peuvent venir selon elle qu’une fois les terroristes arrêtés. Priorité est donc donnée à la guerre, une guerre faite d’opérations de ratissage d’ampleur diverses afin de saisir un nationalisme qui pratique la guérilla, faite également de pratiques particulièrement cruelles dans les deux camps.

Peu à peu l’idée de la négociation progresse dans l’opinion publique française d’abord très attachée à l’Algérie. Mais de nombreuses familles ont un membre qui combat en Algérie et cela change bien des opinions. Par contre sur place les colons européens ne l’entendent pas de cette oreille et une crise éclate à Alger le 13 mai 58 avec l’installation d’un comité de salut public ou certains officiers sont impliqués. Cela permet au général de Gaulle de revenir au pouvoir dans la mesure ou le lobby colonial lui fait confiance.

Mais De Gaulle ne tiendra pas ses promesses, il comprend qu’il n’est pas possible de poursuivre dans cette voie et fait reprendre des négociations avec le FLN. Cela déclenche la colère des colons et de certains généraux qui tentent un coup d’Etat en avril 1961, lequel va échouer. Les négociations se poursuivent et aboutissent aux accords d’Evian en mars 62 qui donne l’indépendance à l’Algérie (effective en juillet). Cela se traduit par l’exode de centaines de milliers de français.

NB : manuel Bertrand-Lacoste p 201 : chronologie de la guerre d’Algérie  

    1. Les dernières décolonisations.

Carte Afrique p 193

En Afrique la dernière métropole à renoncer à ses colonies est le Portugal. Il possède la Guinée Bissau, le Mozambique, l’Angola et le Cap Vert. Un des pays les plus pauvres d’Europe et qui va s’épuiser jusqu’en 1975 pour s’y maintenir. Ce n’est finalement qu’avec l’effondrement de la dictature du général Salazar et l’installation d’une démocratie que ces colonies sont émancipées.

A la même époque commence l’émancipation des archipels océaniens comme la Papouasie en 1970 ou les Nouvelles Hébrides en 1980.

Terminer en donnant un tableau de synthèse résumant les voies et mécanismes de la décolonisation.
 

  1. 1962-1975 : entre les deux blocs, l’émergence du tiers-monde.
  2.  
    1. L’unité rêvée.

    2. Doc 19 p 199, texte de Sauvy

      La plupart des pays émancipés appartiennent au Tiers Monde. Cette expression a été forgée en 1952 par l’économiste français Alfred Sauvy pour désigner l’ensemble des pays n’appartenant pas aux deux blocs de la guerre froide et partageant certaines caractéristiques telles que le sous développement et souvent une jeunesse politique. Le Tiers Monde comprend donc d’abord les Etats d’Asie puis ceux d’Afrique au fur et à mesure où ils accèdent à l’indépendance. A partir des années 60 on y inclut les pays d’Amérique Latine. Finalement à partir du début des années 60 ils sont plusieurs dizaines et détiennent la majorité des voix à l ‘Assemblée Générale de l’ONU. Toutefois ils ne sont pas membres permanents du Conseil de sécurité, c’est à dire là où le pouvoir d’agir réside.

      Comme on l’a vu la première étape vers la mise en place d’une solidarité entre cette partie du monde a été la conférence de Bandoung par la proclamation du refus de la bipolarisation du monde. Une autre étape est franchie par la création en 1961 à Belgrade du mouvement des Non alignés sous l’impulsion du dirigeant yougoslave Tito, de Nehru et de Nasser. Les 25 pays qui fondent se mouvement veulent être des acteurs de la politique internationale sans participer à l’affrontement des blocs.
       

    3. Le canal de Suez, une crise symbolique.

    4. Belin p 252
       

    5. L’impossible unité.

Mais rester en dehors des conflits est un exercice difficile, y compris à l’époque de la détente car les deux grands ne s’affrontent plus directement mais cherchent à étendre leur sphère d’influence et règlent leurs comptes par alliés interposés ou dans le Tiers Monde. De leur côté les pays non alignés sont souvent au pied du mur et doivent faire appel à l’aide des pays développés pour résoudre leurs difficultés or cette aide s’accompagne, même implicitement d’une promesse d’alliance politique, notamment lors des votes de l’Assemblée Générale de l’ONU. Ces pays font également appel aux grands pour régler leurs conflits internes. Ainsi l’Inde en 1971 signe un traité avec l’URSS avant d’attaquer le Pakistan qui lui est aidé par les Etats Unis.

Finalement le Tiers Monde se divise entre deux camps opposés, un pro-occidental (Arabie Saoudite, Maroc, une grande partie de l’Amérique Latine) et un pro-communiste (Cuba, Guinée, Mali, Irak, Algérie, …). Ce dernier camp semble le plus offensif grâce à des personnages comme Fidel Castro et Che Guevara qui réuni en 1966 la conférence tricontinentale afin de généraliser la guérilla contre les Américains. Sans grand succès par ailleurs.

Distribuer bios de Che et Fidel

Ces difficultés expliquent la rapide impuissance du mouvement des non alignés auquel la disparition des blocs en 1991 ôte toute raison d’être. Mais son échec est également dû à la très grande diversité qui marque ces pays même si leur effort de structuration régionale est également un échec du fait des contradictions internes :

  • Au sein du monde arabo-musulman entre les aspirations nationalistes et les liens religieux qui sont parfois contradictoires.
  • Au sein de l’OUA crée en 1963 entre le panafricanisme et la décision de ne pas toucher aux frontières héritées de la colonisation.
  • En Amérique Latine deux camps s’opposent nettement sur le plan politique.

TR : Depuis 1991 et la chute des régimes communistes un nouvel ordre mondial tente de se mettre en place, fondé sur la suprématie US, mais une suprématie qui rencontre des limites. On peut donc considérer que le monde est encore en recherche de cet ordre.
   

  1. 1975 à nos jours, la recherche d’un ordre mondial satisfaisant.
  2.  
    1. L’évolution du tiers monde.
    1. Les revendications du Sud.

    2. Les jeunes Etats revendiquent une revalorisation des produits qu’ils exportent et qui sont leur seule source de revenu. En effet les termes de l’échange se sont largement dégradé à partir des années 60 : les prix des matières premières diminuent tandis que les prix des équipements qu’ils importent augmentent.

      Des réactions se développent et des tentatives de concertation avec notamment la création en 1960 de l’OPEP. De même en 1964 77 pays pauvres du Sud obtiennent la création à Genève de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) pour discuter du sujet. Les 3 conférences qui se succèdent en 1964, 1968 et 1972 ne donnent aucun résultat tangible.

      Aussi les pays concernés décident d’agir : lors de la conférence d’Alger en septembre 1973 ils prennent la décision d’imposer un Nouvel Ordre Economique International et de fait quelques semaines plus tard à la faveur de la guerre israelo-arabe le premier choc pétrolier survient : l’OPEP décide du quadruplement du prix du pétrole. Toutefois le rapport entre les deux reste à établir.

      Pourtant le dialogue Nord Sud existe, il se manifeste notamment par la signature en 1963 entre la CEE et l’Afrique francophone des accords de Yaoundé renforcés par ceux de Lomé qui ouvrent les frontières du marché européen aux produits de ces pays.

      TR : Toutefois la crise économique va remettre en cause ces problèmes.
       

    3. La crise économique crée plusieurs Tiers Mondes.

    4. Docs 24 et 24 p 200 et 201

      La dépression mondiale, dont l’une des origines est la hausse des cours du pétrole affecte gravement les pays du tiers monde. Ceux qui ne bénéficient pas de la rente pétrolière sont pénalisés et la dépression conduit les pays développés à renforcer leur égoïsme.

      La crise est un catalyseur qui sépare les pays du tiers monde en plusieurs catégories que nous connaissons déjà (NPI, PMA, P pétroliers, intermédiaires) : voir cours sur l’organisation économique du monde.

      TR : De tels bouleversements ont également des conséquences sur la solidarité politique qui avait existe jusqu’alors entre ces pays.
       

    5. La fin de la solidarité politique.

    Le mouvement des non alignés entre en crise : déjà lors de la conférence d’Alger Fidel Castro s’était fait critiquer pour sa proposition d’une alliance avec l’URSS. Ces divergences vont aller en s’aggravant.

    Les tensions vont également naître et grandir avec la montée des nationalismes et des intégrismes. Beaucoup de dirigeants de jeunes Etats tentent de discréditer les influences étrangères en particulier les deux modèles politiques dominants jusqu’alors. C’est le cas de Khomeiny. Ce dernier arrive au pouvoir en 1979 et instaure une république islamique. Attaqué par l’Irak en 1980 (soutenu par l’occident) il transforme cette guerre en guerre sainte, une guerre qui va durer 8 ans et qui illustre la déchirure profonde du Tiers Monde.

    TR : Ainsi les nouveaux Etats restent confrontés à des problèmes qui ne sont pas forcément de leur ressort : l’indépendance politique est donc loin d’être synonyme d’une indépendance économique. De surcroît aux tensions internationales s’ajoutent des tensions internes aux jeunes Etats.  

    1. Les troubles et les tensions du Sud.
      1. Des nations à construire.

      2. Doc 6 p 193 : à projeter sous forme de transparent

        Les dirigeants des jeunes Etats doivent faire face à d’énormes problèmes et notamment au manque de cadres administratifs, qui laissent en plan toutes les infrastructures du pays (école, système de santé, …)

        Ils doivent également sortir leur pays du sous-développement industriel et plus généralement économique. Or leurs efforts sont handicapés par l’explosion démographique, le manque de capitaux, de techniques et de main d’œuvre qualifiée.

        Pour faire face à ces difficultés certains pays comme l’Algérie vont s’inspirer du modèle soviétique ou chinois.

        Du fait des difficultés et du manque de tradition démocratique beaucoup de ces pays vont s’engager de l’autoritarisme : parti unique, coercition, course aux armements, …

        D’autre part les populations unies contre le colonisateur de le sont plus une fois l’indépendance obtenue : les jeunes états doivent construire une unité nationale et il s’agit alors souvent d’unir des groupes de culture, de langue, de religion différentes qu’opposent des siècles d’adversité.

        Pour accélérer la naissance d’un sentiment national les dirigeants vont souvent chercher développer un nationalisme fondé sur le rejet de l’étranger et il faut reconnaître que cela fonctionne souvent comme ce sera le cas en Inde et au Pakistan. Cela permet de diminuer le risque de guerre civile mais le revers de la médaille est que cela conduit souvent à des conflits frontaliers (Inde contre Pakistan dés 1971 à propos de la province du Cachemire, Libye contre Tchad).

        TR : De fait au-delà des difficultés économiques ces pays doivent aujourd’hui souvent faire face à la violence avec des conflits que l’on peut classer en diverses catégories.  

      3. Les violences post-coloniales.

      4. Les guerres idéologiques : celles qui opposent deux visions de la société dans le cadre de l’ancien affrontement Est-Ouest : ce sera la deuxième guerre du Viet Nam qui va opposer un Sud et un Nord entre 1964 et 1973 avec la victoire du Nord Communiste et un régime qui semble aujourd’hui évoluer vers un léger progrès démocratique. On voit aussi se développer des guerres civiles entre révolutionnaires et anticommunistes en Amérique Latine, en Angola ou au Mozambique. Depuis 1991 ces conflits se sont soit résorbé soit transformé en conflits de personnes pour le pouvoir.

        Les guerres de sécession sont des guerres civiles entre des populations qui ne veulent pas vivre ensemble. Cela a commencé très tôt avec la partition indienne en 1948, le dernier exemple en date s’est déroulé au Rwanda avec un génocide perpétré par l’ethnie Hutus contre l’ethnie Tutsie

        Cet exemple est intéressant dans la mesure ou il montre comment les violences sont finalement la manifestation d’une crise multiforme et dont les facteurs déclenchants sont à rechercher aussi bien dans un héritage historique que dans les difficultés économiques et politiques actuelles.

Développer l’exemple du Rwanda et donner en fin de cours une fiche de synthèse.

La guerre peut également avoir un fondement religieux et prendre parallèlement un caractère interne. Cela fait 6 ans qu’une guerre civile qui ne dit pas son nom oppose le pouvoir algérien aux mouvements islamistes comme le GIA.

  Attitudes face au nationalisme Processus de décolonisation Exemple
Gouvernement de la métropole

(deux options)

Attitude d’accompagnement ou d’anticipation Négociée et relativement pacifique avec maintien de liens parfois importants. Pays d’Afrique Noire : Centrafrique, Côte d’Ivoire …. (1960)
Refus de toute évolution en dehors de la métropole et crispation Violente, suivie de négociations tardives et sans maintien de liens. Algérie (1954-1962), Indochine (1946-1954) et dans une moindre mesure le Maroc et la Tunisie (1954 et 1955).
Opinion publique métropole
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Plutôt indifférente ou peu attachée à la colonie Peut conduire le gouvernement à négocier plus vite, en tous cas ne le handicape pas. Pays d’Afrique Noire ou Tunisie et Maroc
Très attachée à la colonie

 

Renforce l’enfermement dans la violence. Algérie
Opinion publique colons
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De toute manière très attachée à une colonie qu’ils considèrent comme leur propriété. Selon son poids numérique et politique peut se révéler très handicapante pour l’évolution vers une décolonisation négociée Algérie : poids important.

 

Afrique Noire : Poids très réduit.

Stéphane Paquelin, 
Lycée Henri Vincenot de Louhans
s.paquelin@caramail.com

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