Commentaire de documents
La fête des Panathénées était l’une des principales fêtes religieuses d’Athènes. Célébrées en l’honneur d’Athéna, déesse protectrice de la cité, elle avait lieu tous les ans mais prenait un éclat particulier tous les quatre ans. Une procession permettait de remettre à la prêtresse d’Athéna un voile (le peplos) brodé par des jeunes filles dont on revêtait la vieille statue en bois d’Athéna conservée dans le temple de l’Erechthéion. Il y a avait également des sacrifices, des jeux et des concours.

 

Documents

  1. Un décret relatif à la célébration des Panathénées
  2. Deux vues de la frise des Panathénées
  3. Représentation d’un sacrifice
  4. Plan d’Athènes et reconstitution de l’Acropole
  5. Texte tiré du livre "la religion grecque "

  6.  

    1 & 2 - Décret relatif à la célébration des petites Panathénées + Deux vues de la frise des Panathénées

    Afin que la procession d’Athéna au nom du peuple athénien soit organisée le mieux possible chaque année(…), le peuple décide selon l’avis du conseil : les prêtres distribueront aux prytanes cinq parts de viande, aux neuf archontes trois, aux trésoriers de la déesse une, aux prêtres une, aux stratèges trois, le reste des viandes aux Athéniens ; après avoir acheté les bœufs, les prêtres, une fois la procession conduite sacrifieront toutes ces bêtes près du grand autel d’Athéna ; une fois faits les sacrifices, ils distribueront les parts par dèmes (=villages) en proportion des habitants envoyés par chacun à la procession… ".
    D’après le Catalogue des inscriptions épigraphiques de langue grecque (Berlin, 1895)

     

    3 - Représentation d’un sacrifice sanglant

    4 - Plan d’Athènes et reconstitution de l’Acropole

    5 - La procession des Panathénées

    La procession est souvent le premier temps de la fête. Elle se déploie à travers la cité d’un point précis jusqu’au sanctuaire de la divinité qui est l’objet du culte. Au moment de la fête des Panathénées, la procession partait des portes du Dipylon, traversait le Céramique, l’Agora, arrivait à l’Acropole par les Propylées, longeait le Parthénon pour arriver sur le côté est du temple devant le grand autel d’Athéna. Ce trajet lui permettait de traverser les points les plus importants de la cité, lieu de la vie politique (agora) ou cimetière (Céramique).

    La procession rassemblait des citoyens : des hommes jeunes sous les traits d’hoplites et de cavaliers, des hommes âgés, et des filles de citoyens (…), des métèques, leurs fils portant des plateaux d’offrandes et leurs filles portant des jarres d’eau, et peut-être des habitants non libres de la cité. Il y avait également des étrangers : les Grecs des cités alliées et du bétail conduit pour le sacrifice (…). Cette procession solennelle permettait à la cité athénienne de donner le spectacle à la fois de la hiérarchie de son organisation politique et de l’unité dans la diversité de sa population, un spectacle destiné tant au reste du peuple athénien qu’aux cités alliées présentes et au monde grec.

L Bruit Zaidman et P Schmitt Pantel, La religion grecque, Armand Colin, Paris, 1991


Questions

  1. Présentez les documents (de manière globale, en précisant leur nature et leur intérêt commun)
  2. En l’honneur de qui et au nom de qui sont célébrées les Panathénées ? Pourquoi ? Qui organise cette fête et qui rassemble-t-elle ?
  3. Décrivez les deux grandes étapes de la fête présentées par les documents en précisant pour chacune d’elle leur portée symbolique.
  4. En quoi la fête des Panathénées est-elle révélatrice des devoirs religieux des citoyens athéniens ainsi que des principes politiques qui régissent la démocratie athénienne ? Rappelez brièvement quels étaient les autres devoirs et les droits des citoyens athéniens ?
Corrigé


Ce devoir permet de se confronter à des documents de nature différente :il s’agit de relever les idées essentielles contenues dans les documents, de les confronter et de les recouper avec ses connaissances pour bâtir un commentaire du thème proposé.
 
 

  1. Cette question invite à faire une présentation des documents : leur nature, leur source, ainsi qu’à dégager l’idée générale et leur intérêt commun.

  2. Tous ces documents de nature différente (décret, représentations figurées, sculpture, plan d’Athènes et reconstitution de l’Acropole, essai historique) et de sources diverses présentent l’une des plus grandes fêtes d’Athènes au Vè siècle av. JC, les Panathénées, et plus précisément ses moments clefs : la grande procession jusqu’à l’autel d’Athéna et le sacrifice qui suivait.

    Cette fête, annuelle, représentait l’un des temps forts de la vie civique à Athènes. Tous les habitants se rassemblaient pour rendre un hommage particulier à leur déesse (poliade) mais la fête symbolisait avant tout la cohésion et l’unité d’une cité où les citoyens se considéraient comme des égaux.
     

  3. Pour répondre à cette question, il convient de lire l’introduction du devoir mais aussi le premier document (le décret qui porte sur l’organisation de la fête).

  4. La fête des Panathénées était organisée en l’honneur d’Athéna, la déesse protectrice d’Athènes. Il s’agissait de remettre à la prêtresse d’Athéna le peplos brodé par de jeunes Athéniennes pour revêtir la vieille statue en bois de la déesse.

    Célébrées au nom du peuple athénien (doc 1), les Panathénées constituent un temps fort de la vie publique. A ce titre, c’est la cité qui est chargée de son organisation., et plus précisément la boulé (le Conseil), constituée de 500 citoyens tirés au sort annuellement. L’Ecclésia, autrement dit l’Assemblée des citoyens apporte sa caution par un vote. Les prytanes et les magistrats (les stratèges mais surtout les archontes, en charge des affaires religieuses) ont sans-doute également leurs parts de responsabilités dans l’organisation de la fête.

    Cette dernière est destinée à tous les habitants de la cité : ainsi, la grande procession, point d’orgue de la fête, rassemble non seulement les prêtres et les magistrats, mais aussi les autres citoyens (doc 2 et 5). Les femmes, les métèques ainsi que les hôtes étrangers représentant des cités alliées sont également présents. La fête des Panathénées entend ainsi rassembler le plus grand nombre d’habitants possible (la fête concernait probablement également les habitants non libres de la cité).
     

  5. Il s’agit de décrire, à l’aide de l’ensemble des documents proposés la procession et le sacrifice, et en montrer la portée symbolique.

  6. Les documents ne présentent que les deux moments les plus importants de la fête : la grande procession et le sacrifice qui suivait.

    La procession suit un parcours bien précis, des portes du Dipylon jusqu’au grand autel d’Athéna qui se trouve entre le Parthénon et l’Erechtheion, sur l’Acropole. Le cortège relie ainsi les espaces les plus symboliques de la cité : le cimetière au quartier du Céramique (où la cité s’enracine dans son passé), l’Agora (la place publique, lieu phare de la vie politique) et l’Acropole (le cœur religieux). [doc 2 et 5].

    Surtout, la composition même du cortège est symbolique. La procession entend en effet donner l’image d’une cité unie et cohésive. Ainsi prennent part au cortège, aux côtés des magistrats en exercice et des bêtes que l’on va sacrifier, des citoyens sous les traits d’hoplites et de cavaliers, des filles de citoyens et des métèques. Les magistrats sont des citoyens à qui la cité a confié (par un vote ou par tirage au sort) des responsabilités politiques. Les hoplites et les cavaliers représentent la cité en armes. Leurs filles représentent la cité dans son devenir puisque les femmes détiennent avant tout les clefs de la fécondité. Leur présence est donc indispensable. Quant aux métèques, ils se voient accorder ainsi une marque de reconnaissance et d’intégration.

    Le sacrifice constitue l’acte central de la fête : il s’agit d’abord d’une offrande grandiose à la déesse (doc 3). Mais il s’agit aussi d’un repas de fête pour les hommes. Si les magistrats, les prytanes et les prêtres (qui sont tous citoyens) reçoivent des morceaux de choix ; le sacrifice est aussi suivi d’un partage égalitaire des morceaux de viande à tous les Athéniens. Ainsi la cité fonde son unité dans la commensalité. Ce jour là, citoyens et non-citoyens reçoivent une part égale et légale de viande (doc 1)
     

  7. Cette question invite à conclure.

  8. La procession est un acte religieux. Elle rassemble notamment, comme on l’a vu, des magistrats et des hoplites. Ainsi, la fête des Panathénées réunit les trois dimensions de la pratique de la citoyenneté à Athènes : le citoyen athénien est celui qui jouit de droits politiques (il est amené à avoir des responsabilités politiques). Il a des devoirs militaires (il porte les armes et défend sa cité) et des devoirs religieux (il participe aux rites et aux cultes publics). A Athènes, l’égalité fonde la citoyenneté.

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