L’O.N.U

Eric Le Barbu
Lycée Pierre Poivre, à Saint Joseph ( île de la Réunion)
Nouvelle adresse : eric.le-barbu@wanadoo.fr

INTRODUCTION

Les objectifs précisés dans l’article premier de la Charte, signée à San Francisco le 26 Juin 1945, sont ambitieux : maintenir la Paix et la sécurité et la sécurité collective, préserver les relations pacifiques entre les Nations sur la base du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, résoudre les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire.

Mais après l’euphorie née de la victoire contre les puissances fascistes, l’ONU subit l’impact très négatif des tensions entre l’Est et l’Ouest. Les succès et les limites de l’ONU tiennent aujourd’hui comme dans l’immédiat après-guerre, à l’accord entre les 5 grandes puissances, particulièrement entre les Etats Unis et l’ex URSS .

Le rôle de l’ONU, dans les domaines qu’elle s’est fixée, oscille entre l’efficacité la plus spectaculaire et la paralysie la plus flagrante.

I/ LE GENDARME DE LA PAIX.

Loin d’imposer la paix au monde, fût-ce par la force, l’ONU n’a pas réussi à écarter les menaces de conflits, ni les affrontements directs . Depuis 1945, toute guerre mondiale a certes été évitée, mais le monde a connu environ 80 conflits qui ont entraîné la mort de prés de 20 millions de personnes . Elle n’est pas non plus parvenue à ralentir la course aux armements, tant conventionnels que nucléaires, chimiques ou bactériologiques. Malgré toutes les résolutions votées depuis 1946, en Assemblées générales à New York, prés de 900 milliards de Dollars sont dépensés chaque année pour le surarmement.

Cependant, dans le passé, l’action de l’ONU n’a pas été négligeable dans de nombreux conflits : à Chypre en 1964, et dans le Sinaï, entre 1956 et 1967, les forces des Nations Unies parviennent, en s’imposant entre les combattants, à rétablir le calme et une sécurité précaire. Mais d’une manière malheureusement plus fréquente, l’ONU agit plutôt en tant qu’observateur pour constater les différentes violations du cessez-le feu. Ainsi, au Liban, les contingents des Nations Unies ne parviennent pas du tout à faire respecter la paix. Plus grave est l’abstention de l’ONU dans des conflits à répétition qui ont embrasé l’Asie, pendant la guerre du Vietnam , ou de l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée Rouge.

A contrario, les solutions récentes apportées par les Nations Unies dans les conflits de l’Afrique Australe ou du Golfe Persique - guerre Iran / Irak - démontrent le rôle clef du secrétaire général Javier Perez de Cuellar, qui a su profiter du rapprochement entre les deux grands pour rétablir le cessez-le feu entre belligérants . Les casques bleus, soldats de la Paix, ont été d’ailleurs récompensés en 1988, en recevant le Prix Nobel de la Paix.

II/ LES AVANCEES POLITIQUES.

Fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la défense de la souveraineté nationale est l’une des grandes batailles gagnées par l’ONU. Dés 1945, l’Assemblée générale a servi de tribune aux leaders du Tiers Monde pour obtenir la condamnation de la colonisation, voire même le départ des puissances coloniales. Tour à tour, les Pays Bas, mais surtout la France, furent condamnés pour avoir enfreint la Charte de 1945 et maintenu leur tutelle coloniale. En 1960, l’Assemblée réaffirme la nécessité d’accorder l’indépendance nationale à l’ensemble des territoires encore soumis aux métropoles européennes. L’élection de Javier Perez de Cuellar à la tête du secrétariat général démontre le poids des pays en voie de développement, majoritaires dans l’assemblée.

L’autre domaine privilégié de l’action des Nations Unies est la définition et la défense des droits de l’homme. Malgré la Déclaration universelle des droits de l’homme, rédigée sous les conseils du Français René Cassin, les violations des droits les plus élémentaires de la personne humaine, dans de trop nombreux pays, démontrent le gouffre qui sépare la théorie de la pratique. En effet, l’ONU se heurte à la raison d’état et à l’indifférence des grandes puissances.

L’ONU s’est aussi employée à étendre les droits de l’homme aux domaines sociaux, droits à la sécurité sociale, au repos, au travail, à la liberté syndicale. Dans ces domaines, le chemin est encore long, mais les efforts quotidiens des organismes "  onusiens " contribuent à faire progresser les législations des pays en retard. Il en est de même en matière culturelle où l’UNESCO cherche par tous les moyens à faire reculer l’analphabétisation, premier obstacle au développement.

III/ LES ACTIONS ECONOMIQUES.

La naissance de l’ONU est contemporaine de la prise de conscience du sous et du mal-développement. L’Organisation internationale entend, grâce à ses actions spécifiques, résoudre les grands déséquilibres qui opposent les nations " nanties " du Nord, à celles du Sud.

Assistance techniques, aide financière, actions diplomatiques symbolisées par la réunion du CNUCED ( conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement, sont quelques uns des moyens offerts aux paysans démunis confrontés à l’explosion démographique.

Mais dans ce domaine comme de nombreux autres, l’ONU n’a pas eu les moyens de sa politique généreuse . La crise récente marquée par l’affrontement entre les pays exportateurs de pétrole, les pays totalement dépourvus de richesses énergétiques et les nations industrielles, démontre la difficulté à établir un dialogue entre les pays aux intérêts divergents. De même, aujourd’hui, l’ONU ne fournit pas de réponses satisfaisantes au problèmes de la dettes du Tiers Monde.

CONCLUSION

L’ONU ne saurait mériter les qualificatifs lancés par Staline qui voyait en elle " un nid d’argent de l’impérialisme ", ni ceux du Général de Gaulle qui parlait d’elle comme d’un "  machin ", ni ceux de Reagan qui la traitait de " maison des morts vivants ". Enorme machinerie au fonctionnement lent ; parfois inefficace, l’ONU est cependant l’expressions d’une diplomatie multilatérale, ouverte, indispensable à la préservation de la paix dans le monde. Enfin l’ONU est l’une des tribunes où peuvent être exposées les grandes questions concernant l’humanité...

Eric Le Barbu
Lycée Pierre Poivre, à Saint Joseph ( île de la Réunion)

Nouvelle adresse : eric.le-barbu@wanadoo.fr