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Les villes dAfriqueINTRODUCTION POUR LES COLLEGUES
2. Le Continent encore le moins urbanisé (Carte page 253) Les deux tiers des habitants du continent
sont encore des ruraux, ce qui constitue le record mondial pour un continent.
On ne retrouve des taux de ce type quen Chine et en Inde, et encore lurbanisation
y a-t-elle pris de lavance sur lAfrique.
Les taux durbanisation dépassent les 50 % au Nord et au Sud du continent, il les approche dans certains pays peu peuplés du littoral occidental. Ailleurs, il est très faible : dans le Sahel, y compris dans la populeuse Ethiopie, et en Afrique Centrale notamment 3. Le Continent dont le dynamisme urbain est aujourdhui le plus grand Dans les années 1960 et surtout 1970, on observe des taux de croissance urbaine record : jusquà 10 % par an pour certaines villes dAfrique Noire (Lagos, Abidjan, Kinshasa...) Depuis les années 1980, le rythme sest ralenti, en particulier dans les pays qui ont atteint dores et déjà 50 % de population urbaine, mais on reste sur des taux de 5 % par an, soit un doublement de la population urbaine en moins de 10 ans ! Dans les pays qui ont aujourdhui dépassé les 50 % de taux durbanisation, on constate que lexode rural nintervient plus que pour moins de la moitié dans la croissance urbaine ; celle ci étant complétée à la fois par un fort accroissement naturel et par la venue de migrants dautres villes, souvent plus petites (on pourrait parler dun exode rural "à étapes "?) Il nen reste pas moins que les ruraux pèsent dun grand poids dans les villes africaines, où ils tentent de conserver des pratiques économiques et culturelles : présence danimaux de bât voire de boucherie au cur de la ville, marchés à caractère rural, maintien dactivités agricoles (petite agriculture maraîchère par exemple...), vie " de village " en plein air... On est par ailleurs saisi, dans les villes dAfrique, par le nombre de jeunes. Dans des pays où lâge médian est le plus souvent inférieur à 20 ans, les villes offrent le visage surprenant (pour nous) dune extrême jeunesse de la plus grande partie de leur population. 4. Des réseaux urbains différents En Afrique Noire, la littoralisation saccompagne de la macrocéphalie des réseaux urbains, largement dominés par une ville (Dakar, Abidjan...) souvent côtière. LAfrique du Sud est un cas très particulier. On y trouve des caractéristiques de pays neuf, cest-à-dire une urbanisation " à laméricaine ", associée à une très forte ségrégation ethnique héritée de lapartheid. On observe une répartition des villes sur le littoral. On observe un alignement urbain tout autour de lAfrique. Cest aussi là, ou à proximité, que se trouvent les grandes métropoles. Le centre du continent nest pas un vide urbain, mais les villes y sont plus petites quailleurs dans le monde. Ces petites villes sont aujourdhui en très fortes croissances. Une typologie des villes permet une approche plus fine (voir carte du manuel ou dun Atlas). La plupart des grandes villes sont des villes côtières, créées ou encouragées par le colonisateur. Certaines grandes métropoles intérieures sont des villes fluviales, assurant la diffusion entre le littoral généralement assez proche, et un arrière pays que ces villes dominaient parfois déjà avant la colonisation (à moins que le colonisateur ne les aient créées pour cela). Il y a les villes de transit, situées le long dun itinéraire privilégié. Il y a enfin le cas particulier des villes
minières.
Il sagit aussi de rééquilibrer le réseau urbain national, pour des raisons géographiques, voire ethniques ou politiques (éloigner le centre du pouvoir dune métropole portuaire devenue incontrôlable ?). Rappelons-nous que dautres pays du monde lont fait : les Etats-Unis, le Brésil ou lAustralie par exemple.
Dans le cas du Maroc, on a un réseau complexe, bien hiérarchisé, bicéphale même, avec une capitale royale (Rabat) dont la taille nest pas négligeable, et une capitale économique issue de la colonisation, Casablanca. Mais surtout lintérêt de létude du Maroc réside en lexistence dun réseau dual, entre des villes de lintérieur (Fez, Marrakech...), et un réseau urbain côtier très riche, favorisé par le colonisateur. A noter aussi les interfaces avec les pays voisins : Algérie (Oujda), mais aussi le détroit de Gibraltar (Tétouan, Tanger) et les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla (Tétouan, Nador). En comparaison, le réseau urbain kenyan semble bien élémentaire. Une métropole, Nairobi, se développe au cur du pays, essentiellement reliée à lancienne ville portuaire coloniale de Mombasa, aujourdhui recyclée aussi dans le tourisme, et vers le Lac Victoria (Nakuru, puis Kisumu). Ce réseau urbain linéaire, appuyé sur une importante ville portuaire, et relayé par une agglomération plus centrale, est un phénomène que lon retrouve dans toute lAfrique (Egypte, Côte dIvoire, etc.) 5. Les problèmes des villes africaines Avant tout, le manque de logements, qui pousse les habitants aux solutions les plus précaires. Le manque dinfrastructures de transports : routes, ponts, chemins de fer, métros... Les infrastructures insuffisante dans le domaine des télécommunications : téléphone. La pénurie deau courante et dassainissement de leau. Lapprovisionnement en énergies : électricité, mais aussi pétrole, gaz... Les problèmes de ramassage et de traitement des ordures. Le manque déquipements téléphoniques. Ces équipements, très coûteux, peinent à suivre la croissance urbaine. Sitôt réalisés, il sont généralement saturés, ou sous dimensionnés. Que lon songe à la difficulté que nos propres métropoles ont eu, au XIXème siècle pour résoudre ces problèmes, dans un contexte de croissance urbaine moins rapide. Ce sous équipement permet en outre lexistence de petits métiers liés au portage de leau, au négoce de lessence, au ramassage des ordures... (Photo de la vente de pièces détachées de voiture dans les rues dAlger, page 261) Conclusion : villes africaines et développement La difficulté dans une copie : présenter les problèmes sans les minimiser, mais en évitant le misérabilisme ou la commisération. Avec leurs problèmes immenses, les villes dAfrique nen constituent pas moins les lieux du développement africain daujourdhui. Elles attirent les cadres ambitieux, qui créent des entreprises et sont le lieu des échanges avec le reste du monde. Elles ont malgré leurs problèmes un taux déquipement bien supérieur à celui des campagnes, aussi bien pour le nombre de médecins et laccès aux hôpitaux et aux soins que pour leau potable, lassainissement, etc. II. Une ville arabe dAfrique du nord : Le Caire Les instructions du programme recommandent détudier une ville francophone et une ville non francophone dAfrique. jai donc choisi une ville arabe non francophone (sauf pour une élite) : Le Caire, et une ville dAfrique noire francophone : Dakar. Pour Le Caire, le choix simpose. cest la plus grande ville dAfrique, mais cest aussi la plus grande ville arabe. Les pays arabes possèdent une vieille tradition urbaine, et en Afrique même, jaurais pu choisir une ville du Maghreb. Nous verrons en quoi Le Caire, tout en étant exemplaire des villes arabes, a sa dimension et ses problèmes propres, en quoi, en fait, elle peut annoncer le devenir des autres villes arabes. 1. La ville arabe : caractères généraux (voir :Claude Chaline Les villes du monde arabe, Armand Colin 1996 ) Le groupement des édifices publics : mosquée, citadelle (qasba), palais, au centre de la ville ou médina (Photo de la médina de Tunis, page 257). Les quartiers dartisanat et de commerce (souks) sinstallant souvent à proximité de la grande mosquée. Létroitesse et la complexité de la voirie. Dans une ville européenne, les avenues et les places tiennent une place importante, tandis que lespace privé est généralement réduit. Dans la ville arabe traditionnelle cest le contraire. Les seuls espaces dégagés et publics sont les lieux de prière (cour des mosquées) et certains lieux déchanges (caravansérail). Dans la médina, pour des raisons souvent climatiques, les marchés sont étroits et couverts, les rues très étroites (1,6 m de large, et souvent fermée par le haut (3,2 m de haut). En revanche les lieux privés sont importants : cours ou terrasses. Cette organisation renvoie à des pratiques culturelles et sociales, où le rôle de la famille est privilégié et où la place des femmes est assignée. Dans la ville arabe moderne, les groupes tentent de conserver leurs traditions, tout en sadaptant à la nécessité de gagner de la place. Par ailleurs, la médina possédait une véritable mixité sociale, les riches côtoyant les pauvres (mais disposant, on la vu, despaces privés retirés importants). Ce modèle est en train dexploser : la médina se scinde en quartiers de niveau sociaux différents, et une partie de la population aisée migrant vers des quartiers périphériques de villas. Cest dans lunion un peu forcée de ces deux centres que se dessine aujourdhui la centralité des villes arabes dAfrique du nord. La ville " européenne " sest " arabisée, mais a conservé généralement les lieux de pouvoirs, tandis que la médina sest engagée dans un processus de différentiation sociale, avec lapparition de quartiers rénovés, de quartiers touristiques, et de quartiers taudifiés. Lexplosion urbaine sest faite par la densification de ces quartiers, mais aussi par de grands projets urbains périphériques : immeubles barres généralement. Dans les interstices de lagglomération naît enfin un habitat spontané de bidonvilles, tandis que des banlieues très résidentielles voient le jour. 2. Le Caire : quelques généralités
En 1996, ils étaient 11,7 millions, souvent dorigine rurale, Diversité religieuse : présence dune forte minorité copte, qui possède ses quartiers et souvent ses métiers. 3. Lexplosion urbaine du Caire Certaines années, le Caire accueillait 350 000 habitants de plus. Aujourdhui la ville voit sa croissance ralentir, mais les problèmes posés par lafflux dhabitants ne ce sont pas résolus, loin de là. A la fin du siècle dernier, les autorités, inspirées des exemples européens, bâtirent des quartiers " haussmaniens ", et depuis les années 50, elles essaient de planifier la croissance urbaine en suivant les exemples de Londres et de Paris : villes nouvelles, villes satellites, construites le plus souvent en plein désert, sur les axes qui mènent à Alexandrie ou à Suez Mais ces politiques trouvent rapidement leurs limites. Celle, naturelle, du désert, omniprésent, qui gêne lexpansion, tandis que le gouvernement sefforce de protéger les zones agricoles vitales, dans un pays qui doit importer une part non négligeable de son approvisionnement. Surtout, les équipements, dès quils sont réalisés, sont saturés. 4. Le centre du Caire, entre ville ancienne et C.B.D. Comme dautres villes arabes dAfrique Noire, le centre du Caire est bicéphale. La ville ancienne se trouve sur les collines qui dominent la rive droite du Nil, on y trouve la citadelle, et la mosquée Al Azar. Les autorités, au siècle dernier, ont colonisé les pentes jusquau Nil, construisant des quartiers résidentiels de type haussmanien. Le centre sest alors dédoublé, les activités tertiaires sinstallant sur les rives du Nil où elles forment aujourdhui un véritable C.B.D., dominé par des tours de plus en plus grandes. (Photographie de la vieille ville du Caire, page 255) Ce phénomène de différenciation sociale du centre-ville est aujourdhui attesté dans la plupart des villes arabes. A Tunis, par exemple, les riches migrent vers le Nord (Carthage) tandis que les activités industrielles et les pauvres sinstallent au Sud. 5. Les périphéries, entre désert et Nil nourricier (Images satellite page 257) Vers le Nord, et notamment le Nord Est, sur la route de laéroport et de Suez, et surtout vers le Sud. Cest dans ces deux directions que ce sont installées les activités industrielles, et que lon a construit les lotissements (new settlements) et les villes satellites de la proche agglomération. La ligne de métro construite récemment par les Français conforte cette polarisation, puisquelle traverse la ville du Nord au Sud. LEtat sest beaucoup engagé dans ces réalisations, et dans la construction de villes nouvelles en plein désert. Mais cest une réussite très limitée. En fait 80 % des constructions sont le fait du secteur privé ou informel. Les lois durbanisme sont alors rarement respectées. III. Une ville dAfrique Noire 1. Un schéma général de la ville dAfrique Noire (Voir aussi page 268)
La ville africaine, souvent créée après le plateau, mais qui lentoure aujourdhui complètement. Les infrastructures portuaires et aéroportuaires. Les marchés. Les zones industrielles. Les villages et la ceinture maraîchère. Les équipements touristiques. 2. Lexemple de Dakar Cest au XIXème siècle que la ville se développe, notamment à lépoque de Faidherbe. Elle prend alors bien des caractères typiques de la ville coloniale de lEmpire Français. Lors de la colonisation à proprement parler du pays, si le site de Gorée, délaissé, est tombé dans un oubli relatif (aujourdhui cest un site symbolique et touristique important), la ville sest développée sur le Cap Vert, autour du port. Les nouveaux venus sinstallent dans des quartiers parfois spontanés, le long des routes du Cap vert, vers le nord-est et lest. Les quartiers aisés, au contraire, se développent vers le nord-ouest, le long dune côte rocheuse plus pittoresque. Les habitations dans les quartiers pauvres sorganisent de la manière suivante : Souvent le quartier est organisé autour dun marché (Photo page 261), parfois quotidien, qui permet de conserver des échanges très intenses avec les campagnes : gens et produits arrivent et partent tous les jours par autobus ou par une noria de véhicules divers : automobiles, scooters, charrettes hypotractées, etc. Les habitations sétalent horizontalement, les constructions sont le plus souvent en dur : murs de parpaings, toits en tôle ou pour les plus aisés, en tuiles. Cest un habitat de cour. Chaque lot, légal ou non, est organisé autour dune cour le plus souvent carrée. On y trouve des équipements collectifs : sanitaires, cuisine collective en plein air, etc. Autour sorganisent les habitations, dans un modèle qui est une adaptation moderne de lhabitat de case. Cette cour commune (Croquis dun habitat de cour à Abidjan, page 259), qui nest pas sans rappeler certains habitats ouvriers du Nord de la France au siècle dernier, est le lieu dune intense socialité, mais aussi dune certaine promiscuité. A noter, en Afrique de louest, une certaine mixité ethnique dans ces habitations, tandis quen Afrique centrale, les ethnies sorganisent plutôt par quartiers. Lorsque le gouvernement sénégalais estime quun quartier échappe au contrôle des autorités, il le démolit sans ménagement. Il le remplace alors par un lotissement construit à peu près selon les mêmes principes, mais où un minimum de réseaux sont assurés : eau, électricité, etc. Les habitants deviennent alors des déguerpis. Ceux qui ne peuvent se reloger sur place vont gonfler, à la périphérie du Grand Dakar, le quartier de Pikine. Par ailleurs, le gouvernement a essayé, sans grand succès, de créer des quartiers dhabitat collectif. 3. Quelques croquis Existence dune vaste zone " blanche ", isolée par une zone non bâtie de nombreux quartiers ethniques (au SW à Johannesburg), ou " townships " hérités de lapartheid. Cette zone blanche possède un C.B.D. extrêmement important, à laméricaine. Autour de ce quartier daffaires se trouvent des quartiers blancs pauvres, qui sont en voie de colonisation par les populations métis, noires, indiennes. La population blanche est divisée : certains restent, donnant à ces quartiers un caractère multiethnique au moins apparent. Beaucoup partent, vers dautres quartiers blancs, et vers la périphérie. Le phénomène de rurbanisation est dautant plus important que lAfrique du Sud, outre ses problèmes ethniques, connaît un taux de criminalité extrêmement élevé. Un croquis général sur lAfrique :
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