JÉSUS ET L'ÉVANGILE
Le manuel de référence est le manuel "Hachette",
Histoire, classe de seconde

Voir livre, Ch. 3, page 42 I. LA BIBLE

pmallet@mac.com

Pour ce cours, il faut :

La carte murale Moyen-Orient ancien

1 dictionnaire par table

La Bible

La cassette vidéo des Dix commandements (Voir sur la cassette les moments intéressants).

I - LA BIBLE

1. Les Hébreux

2. L'histoire des Hébreux

3. La religion des Hébreux

II - LA PALESTINE AU TEMPS DE JÉSUS

1. La situation politique et religieuse au I° siècle

2. Jésus

3. Le choix décisif

III. UNE NOUVELLE DOCTRINE

1. L'Évangile

2. Le message de Jésus

 

INTRODUCTION

Voici une leçon d'Histoire sur une religion. Deux questions préliminaires se posent :

Qu'est-ce qu'une religion, et

Qu'est-ce qu'un historien peut avoir à faire avec cela

Dans nos rapports avec l'Univers, on peut envisager 3 solutions, qui toutes les trois posent de redoutables problèmes à la raison humaine :

Tout est le fait du hasard, c'est le hasard et la nécessité, c'est l'athéisme.

Mais l'Univers présente dans ses manifestations comme une sorte de plan. Il est difficile de ne pas se poser la question d'un grand architecte. Dire que l'univers est le fruit du hasard est aussi difficile à croire que la possibilité, en jetant des pigments colorés sur une toile d'arriver à obtenir la Joconde.

Tout est Dieu (c'est l'idée de certains hindouistes). Mais cela laisserait envisager un monde parfait, sans friction et avec une conscience unique. Il n'en n'est rien : la conscience est partagée entre de multiples êtres... et avec des frictions !

Il y a un être surnaturel : Dieu, et il a donné naissance au monde et à des créatures. Cette position est celle des religions qui prennent la Bible comme plus ancien livre de la parole de Dieu. Cette position nous amène à nous demander pourquoi Dieu n'a pas tout bien fait et, dans la mesure où les créatures sont libres, où est sa toute puissance.

Nous avons vu dans le 1° chapitre consacré aux outils de l'historien que tout ce qui est passé humain (ce qui se passe dans la tête des humains à une certaine époque fait partie de cela) peut être l'objet d'études historiques.

Aussi, il s'agit de bien s'entendre : ce que nous pouvons étudier en histoire des religions est quelque chose qui n'a rien à voir avec un quelconque catéchisme, et n'a pas Dieu pour objet. Il s'agit de voir comment naissent, se développent et parfois meurent, les idées des hommes sur le sujet religieux.

Nous ne comprendrons pas bien la suite de l'exposé si nous ne situons pas historiquement les grandes religions dites du Livre, c'est à dire ayant la Bible comme point de départ.

Faire un tableau avec la religion juive au centre, l'Islam à droite se divisant en Sunnites et Chiites, le Christianisme à gauche, se divisant en Orthodoxes, Catholiques et Protestants.

I. LA BIBLE

1°. Les Hébreux

En s'aidant du § du milieu de la page 50 ou du dictionnaire, dire ce que l'on entend par "Hébreux". Distinguer d'Israélite, de Juifs, d'Israéliens.

On appelle Hébreux un petit peuple sémite (qui parle une langue sémitique, comme l'arabe) qui finit par conquérir la Palestine vers 1 000 avant JC. Repérer sur la carte murale du Moyen-Orient Ancien.

Contrairement aux autres peuples de cette époque, leur histoire est assez bien connue, grâce à un livre : la Bible.

Lire dans le livre, à la page 44, dans la partie "Mot-clé", le texte Bible.

C'est par ce mot d'origine grecque qui veut dire tout simplement livre, que nous désignons les écritures sacrées des Hébreux. Ce que les Chrétiens appellent Bible consiste en la Bible des Hébreux, qu'ils appellent l'Ancien Testament, à laquelle ils rajoutent le message du Christ et quelques autres textes, qu'ils appellent le Nouveau Testament.

Montrer la part respective de l'Ancien et du Nouveau Testament dans mon volume de la Bible.

Lire dans le livre en 5, page 45, la composition de l'Ancien Testament.

La Bible est une réflexion sur la foi, sur la fidélité de Dieu à l'égard d'un peuple, et réciproquement. Rédigée du X° au II° siècle av. J.-C., longtemps après les événements évoqués, elle juxtapose des récits légendaires et des événements historiques. Ni ouvrage scientifique ou philosophique, ni cours de morale, elle intègre les héritages des civilisations millénaires avec lesquelles les Hébreux ont été en contact.

La Bible est écrite en hébreu, et en araméen pour quelques fragments. Elle est traduite en grec à Alexandrie d'Égypte au II° siècle av. J.-C. Réalisée par 70 savants, d'où son nom de Septante, cette traduction est destine aux Juifs de la diaspora*.

2°. L'histoire des Hébreux

On fait construire en même temps l'axe chronologique au moyen des dates en rouge dans mon exposé. On pourra comparer avec l'axe du manuel à la page 42. 2 000 ans sont à placer sur 20 carreaux : un carreau par siècle.

Les Hébreux vivent en Mésopotamie (de nos jours l'Irak) vers 2000 avant JC. Ce sont des tribus nomades* qui sont dirigées par un ancien : le patriarche. Abram est un de ces chefs de clans. Vers 1900 avant JC, il décide d'entraîner sa tribu dans un long voyage. Selon la Bible, c'est Dieu qui lui en a donné l'ordre en lui promettant que son peuple deviendrait nombreux comme les sables de la mer. C'est pourquoi Abram change son nom en Abraham, qui veut dire " père d'une multitude". Lire le texte 3, page 45. Tout le clan s'ébranle avec femmes enfants, bagages, troupeaux, et arrive au pays de Canaan. Le petit-fils d'Abraham, surnommé Israël, (fort devant Dieu), donne son nom au clan. Les autres peuples utilisent le mot "Hébreux" qui veut dire : ceux qui viennent d'au-delà.

Ils ne restent pas pays de Canaan. Ils profitent de l'invasion des Hyksos (rappel) pour pénétrer en Egypte vers 1700 avant JC où ils restent jusqu'en 1270 = marquer la période des Hébreux en Egypte. Tout semble bien aller pendant un certain temps, mais vers 1300 avant JC, la situation se dégrade. Difficile de dire pourquoi. Les Hébreux prétendent qu'ils sont réduits en esclavage par les Égyptiens. On n'a pas l'opinion des Égyptiens. Moïse, un hébreux qui a été élevé par la fille d'un pharaon, se met à leur tête pour les mener hors de ce pays d'esclavage et les ramener au pays de Canaan. Mais d'après la Bible, (cette partie s'appelle l'Exode, c'est a dire la sortie) ce départ se passe difficilement : le Pharaon les poursuit avec son armée. Là se situe le fameux passage de la Mer rouge, où Dieu, toujours selon la Bible ouvre le passage aux Hébreux et referme la mer sur les Égyptiens. Éventuellement passage de la vidéocassette : les 10 commandements de Cecil B. De Mille.

Les Hébreux continuent à errer dans le désert pendant une quarantaine d'années. En Egypte, Dieu avait révélé son nom à Moïse : Yahvé, c'est à dire "celui qui est". C'est pendant ce dur périple que Moïse reçoit de Dieu les Dix Commandements sur le Sinaï. Cf texte 4, page 45, et éventuellement passer la vidéocassette des 10 commandements.

Il était temps qu'il revienne, car en son absence, les Hébreux se sont remis à adorer des idoles, comme le veau d'or, qui fait évidemment penser au boeuf Apis des Égyptiens. Cela peut vouloir dire que beaucoup d'Hébreux de l'époque n'étaient pas bien convaincus qu'il fallait adorer un dieu unique. Moïse les convainc d'être le peuple "élu", c'est à dire choisi par Dieu qui fait ainsi alliance avec eux. Ils placent alors les dix commandements dans l'arche d'alliance. Moïse complète ces commandements.

L'itinéraire des Hébreux dans le massif du Sinaï est mal connu. Mais ils arrivent enfin en vue de la terre promise par Dieu à son peuple. Moïse meurt juste avant l'entrée de son peuple en Terre promise.

L'installation des Hébreux n'est pas facile, car le pays est déjà occupé (Porter 1270-932 = les hébreux en Palestine). Ils doivent guerroyer contre les Philistins et les Cananéens. Pour être plus forts, ils se donnent un chef unique. On appelle ces chefs d'abord les Juges, comme Samson ou Samuel, puis Rois, comme Saül (1020-990), encore très guerrier, David (990-960), qui prend Jérusalem comme capitale, Salomon (960-932), qui fait construire le Temple et laisse le souvenir d'un roi juste. C'est l'époque de l'apogée du royaume d'Israël. Les Hébreux sont devenus des sédentaires, le pays est prospère. Il produit du blé, de l'huile, du miel. Le commerce se développe avec les pays voisins.

Mais bientôt des rivalités se font jour entre les tribus. Beaucoup regrettent le temps où tous étaient égaux, alors que maintenant le faste des riches contraste avec la vie modeste des pauvres. Et, en 932, à la mort de Salomon, le royaume éclate en deux : Israël au Nord, avec Samarie pour capitale, et Juda au Sud avec Jérusalem. Porte sur l'axe : 932-587 : Juda et Israël. Affaiblis par leurs divisions, les Hébreux ne peuvent résister à leurs puissants et féroces voisins, les Assyriens. Ceux-ci ravagent Israël en 721. Deux siècles plus tard, c'est les Babyloniens, qui, en 587 s'emparent du royaume de Juda. Ses habitants sont déportés pour être esclaves. Les descendants ne sont libérés qu'en 538. Porter la captivité à Babylone : 587-538.

Mais alors la Palestine devient une province perse (538-330), puis grecque (330-63 avant JC), puis romaine en 63 avant JC.

Au I° siècle après JC, les révoltes sont nombreuses contre les Romains. Ceux-ci décident de les mater, et en 70 après JC, détruisent le temple de Jérusalem. Cela accélère le mouvement de dispersion des Juifs à travers le monde romain : on appelle cette émigration la Diaspora*. On les retrouvera en Grèce, à Rome, en Gaule.

3°. La religion des Hébreux.

D'après le texte 6, page 45, en quoi la religion des Hébreux est-elle originale à cette époque ?

Réponse : le monothéisme.Toutefois, l'idée de vait être "dans l'air" : cf Amenophis IV (1372-1364).

D'après le texte 6, page 45, qu'implique l'adhésion à la religion juive ?

Réponse : respecter les commandements, qui déterminent le bien et le mal, c'est à dire une morale.

C'est par là que ce petit peuple est le plus original. À la différence des autres peuples de l'Antiquité, les Hébreux sont monothéistes*. Ils croient en un Dieu unique, éternel, juste et tout puissant. Il est le créateur des Cieux, de la Terre et de tout ce qui existe à la surface de celle-ci. Il a créé l'homme à son image et il exige de ses fidèles la droiture et la justice. Ce dieu est si parfait qu'il est interdit de le représenter et les Israélites éprouvent pour lui un tel respect qu'ils ne prononcent jamais son nom, mais l'appellent « Seigneur » ou « l'Éternel ».

Dieu a passé avec le peuple hébreu une Alliance qui fait de ce dernier le « peuple élu ». Par cette Alliance, Dieu promet à Abraham de protéger son peuple et de lui donner la possession du pays de Canaan, la Palestine. Après la fuite des Hébreux d'Egypte, Dieu apparaît à Moïse sur le mont Sinaï et renouvelle l'Alliance conclue avec Abraham, lui révélant son nom, Yahvé (« Celui qui est ») et lui dictant sa Loi, les Dix Commandements, auxquels les Hébreux doivent rester fidèles. Tel est le fond des croyances qui constituent le judaïsme, religion des Juifs. Pour eux, l'histoire devient la chronique des rapports de Dieu avec le « peuple élu », chargé de réaliser le plan de Dieu sur le monde.Mais cette religion ne s'est pas mise au point en un jour ! A partir d'Abraham, elle semble se tourner vers le monothéisme*. Mais il faut que Moïse confirme ! Avec lui, les choses sont claires: il n'y a qu'un seul Dieu, Yahvé, qui est le dieu des juifs et qui a conclu avec eux une alliance. Qu'ils respectent ses commandementset ils seront le peuple élu.

Certains prophètes annoncent la venue d'un Messie, un sauveur, qui rendrait aux Juifs leur indépendance et établirait sur Terre le royaume de Dieu.

Au temps de Moïse, les Hébreux se représentent Yahvé comme un dieu jaloux et guerrier. Il exige des Israélites qu'ils n'adorent que lui, les punit lorsqu'ils désobéissent, mais se montre indulgent pour ses fidèles. À ceux-ci, il promet de les aider à vaincre les autres peuples afin de montrer sa puissance

Peu à peu, l'image de Yahvé se modifie. Mais la religion connait une nouvelle évolution vers le 7° siècle avant JC, avec les prophètes. Voir livre, 5, page 45, la place des écrits prophétiques dans la Bible. Ceux-ci Isaïe, Jérémie, Ezéchiel) présentent Dieu non pas comme un dieu puissant parmi les autres dieux, mais comme le seul dieu, créateur du monde (c'est à cette époque que l'on rédige la Genèse), tout puissant. Ils dénoncent comme faux les autres dieux des autres peuples.

La religion insiste alors sur la nécessité d'une vie vertueuse. Ainsi Isaïe I, 1 (de la haute société) :

"Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien recherchez la justice, protégez l'opprimé; faites droit à l'orphelin, défendez la veuve. "

Ou bien Amos, un berger:

"Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je n'y prends aucun plaisir; et les veaux engraissés que vous sacrifiez en action de grâces, je ne les regarde pas. Mais que la droiture soit comme un courant d 'eau, et la justice comme un torrent qui ne tarit jamais. "

Quant aux Juifs, leur mission consiste à faire connaître Dieu et sa Loi à tous les hommes.

Après la destruction des royaumes hébreux, les Juifs ne se confondent pas avec les peuples voisins. Ils continuent dans la diaspora* à pratiquer leur religion, à maintenir le souvenir de l'Alliance et ils font connaître leurs croyances aux peuples au milieu desquels ils vivent.

Chercher "Prophète" dans le lexique du livre. Comparer avec la définition du dictionnaire (Prophète ou prophétie).

Quel rapport y a-t-il entre ce sens de Prophète et celui du texte 4 de la page 47 ?

Les Juifs vivent dans l'espérance de la venue d'un Messie que leur ont promis les Prophètes*.

Ce Messie (l'Envoyé de Dieu) sera un homme qui restaurera le royaume d'Israël, et, à partir de celui-ci, rétablira la justice sur la Terre, sauvera l'humanité tout entière et permettra ainsi à chaque homme d'entrer dans le « Royaume de Dieu » dont le règne s'étendra alors sur toute la Terre.

Pour les chrétiens, Jésus-Christ sera ce Messie envoyé par Dieu et annoncé par les Prophètes.

II. LA PALESTINE AU TEMPS DE JÉSUS

1°. La situation politique et religieuse en Palestine au 1° siècle

D'après le § A page 46 et la carte 2, page 47, décrivez rapidement la situation politique de la Palestine au temps de Jésus.

Les Romains, après bien d'autres envahisseurs, occupent la région en 63 av. J.-C, date de la prise de Jérusalem par le général romain Pompée. Ils permettent aux Juifs de conserver leur religion et l'autorisent dans tout l'Empire romain. C'est donc une région soumise, mais au particularisme très affirmé

La domination romaine s'impose. D'abord, Rome accepte un royaume vassal dirigé par Hérode le Grand (37-4 av. J.-C.). Puis, en 6 ap. JC, le pays devient officiellement une province romaine, la Judée. De 26 à 36, le représentant de Rome est Ponce Pilate. Tous les habitants de la province de Judée payent un tribut, symbole de la soumission à Rome. En outre, trois royaumes, aux mains des fils d'Hérode, conservent une certaine autonomie. Au moment où Jésus prêche et meurt, c'est Hérode Antipas qui occupe le trône de Judée.

Rome tolère le judaïsme, une religion monothéiste. Celui-ci affirme l'unicité de Dieu et l'existence d'un peuple élu, le peuple juif, chargé par Dieu de respecter la Loi et ses commandements.

Situé à Jérusalem, le Temple est le sanctuaire unique des Juifs. Il est le lieu de la présence de Dieu, lequel n'est pas représenté; il abrite le signe de l'Alliance*. Le Temple est aussi le lieu unique du culte hébraïque, auquel les non-Juifs ne peuvent participer. Les cérémonies sont marquées par des sacrifices d'animaux. Le peuple se rend au Temple au moins trois fois par an lors des fêtes de pèlerinage. La plus importante d'entre elles est la Pâque*.

Le système du Temple influence fortement la vie sociale. En effet, la caste sacerdotale, garante de la pureté du sanctuaire contrôle le culte et perçoit l'impôt du Temple. Elle fait observer les prescriptions religieuses par l'intermédiaire d'une cour de justice (Sanhédrin) présidée par le grand prêtre.

Avant d'aller plus loin, il nous faut chercher un mot aux connotations très douteuses de nos jours :

Chercher dans le lexique du livre et dans le dictionnaire le mot "secte".

Réponse donnée dans le rapport n° 2468 à l'Assemblée nationale française, fait au nom de la commission d'enquête sur les sectes :

"Groupes visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologique à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les références communément admises 'éthiques, scientifiques, civiques, éducatives), et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques. "

D'après le 3° § de A, page 46, nommer et caractériser rapidement les principales sectes juives en Palestine au 1° siècle.

Uni autour de sa Bible, le monde juif du I° siècle est cependant très éclaté et en ébullition. Il y a d'abord des divisions nationalistes et religieuses

Sadducéens et hérodiens acceptent la soumission à Rome. Les sadduccéens forment une oligarchie qui gravite autour du Temple et profite du système politico-religieux dont le pouvoir romain est garant. Ils ne croient pas en la résurrection des morts. Les hérodiens, partisans de la dynastie d'Hérode, coopèrent avec Rome qui leur apporte son soutien.

Pharisiens et zélotes s'opposent aux Romains. Les pharisiens cherchent à approfondir et à intérioriser la Loi. Ils se veulent religieusement purs et croient en la résurrection. Les zélotes, proches des pharisiens pour la doctrine, veulent chasser les Romains par la violence. De nombreux troubles doivent être réprimés par les représentants de Rome.

Il y a aussi des fragmentations géographiques

En Palestine, des divisions ethniques s'ajoutent à ce premier éclatement Les habitants de la région de la Judée du Sud détestent et ne fréquentent pas les Samaritains vivant autour de la ville de Samarie. Ils leur reprochent d'être un peuple mêlé issu de la colonisation assyrienne du 7° siècle, d'avoir des traditions bibliques différentes. Ils méprisent aussi les Galiléens, suspectés d'avoir une foi impure, d'être trop mêlés aux non-Juifs, d'avoir une prononciation de l'hébreu permettant des confusions de langage.

Dans le bassin méditerranéen, la Diaspora est traversée par ces mêmes divisions. Lors de la dispersion des siècles antérieurs, de nombreux Juifs se sont installés dans le monde méditerranéen et résident dans les villes d'Italie, d'Égypte, de Syrie et d'Asie Mineure. Mais ils restent en contact avec ceux de Judée, par leur participation financière au Temple et leur «montée» à Jérusalem, en particulier lors de la célébration de la Pâque.

Enfin, si tous les Juifs espèrent la venue d'un Messie, Sauveur d'Israël, qui a été annoncée par les Prophètes, divers courants politico-religieux n'en n'ont pas la même conception. Certains pensent qu'il rétablira le royaume d'Israël dans toute sa gloire en le soustrayant à l'occupation romaine. Pour d'autres, il viendra purifier le peuple et restaurer la vraie religion.

Les Esséniens et les Baptistes croient vivre la fin de ce monde corrompu et préparent activement la venue du Messie.

Les Esséniens vivent loin de Jérusalem, regroupés dans des villages ou des sortes de monastères comme celui de Qumran. C'est là qu'on a retrouvé les plus anciens manuscrits de la Bible, appelés "Manuscrits de la Mer Morte". Se soumettant à une règle très stricte, ils refusent d'être en contact avec les non-Juifs et avec les autres Juifs, considérés comme impurs.

Les Baptistes s'attachent à la conversion des cœurs plutôt qu'à une stricte observance de la Loi. Ils pratiquent un rite purificateur, le baptême par immersion, proposé à tous ceux qui attendent une vie nouvelle. C'est auprès de Jean le Baptiste, principal représentant de ce groupe que Jésus, selon la Bible, est baptisé.

   

2° Jésus

L'existence de Jésus pose un problème aux historiens, car sa personne est, historiquement parlant, insaisissable. Les documents qui parlent de lui sont tous très nettement postérieurs à sa vie. La plupart des historiens sont convaincus de son existence, mais plus par conviction intime que par preuve irréfutable.

Le texte 3, page 47, fournit-il une indication historique permettant de dater la naissance de Jésus ?

Réponse : oui. Le recensement a été décidé en 8 avant JC par Auguste et appliqué en Palestine en 7.

La source principale de renseignement est l'ensemble des trois premiers évangiles, écrits vers 70-95. Rares sont les écrivains de l'époque qui parlent de Jésus.

Lire le texte 3, page 49. (Flavius Josèphe : 37-110)

Si l'existence de Jésus ne fait plus désormais guère de doute, nous savons en réalité peu de choses sur sa vie.

Fils de Marie et de Joseph, de la tribu de Juda, il appartient à la lignée de David, ancien roi d'Israël. Il naît quelques années avant l'an 1 de notre ère, sans doute en -7 ou -6.

L'événement a lieu sous le règne d'Hérode le Grand (mort en 4), sûrement pas le 25 décembre, mais plutôt en avril, au moment de la fête de la Pâque, quand de très nombreux Juifs se pressent à Jérusalem et aux alentours. C'est une erreur de décompte commise bien après qui explique l'absurdité apparente.

Sitôt sa naissance, ses parents doivent s'enfuir avec lui en Egypte d'où ils reviendront après la mort d'Hérode. Les Évangiles expliquent cette fuite par le massacre des nouveau-nés décidé par Hérode (épisode du massacre des Innocents); or ce massacre n'est attesté par aucune source historique.

De retour d'Égypte, Joseph et sa famille s'installent en Galilée où Joseph exerce le métier de charpentier. Des 30 premières années de la vie de Jésus, nous ne savons que ce qu'en disent les Évangiles, qui s'inspirent souvent des prophéties contenues dans l'Ancien Testament. Ils nous racontent qu'il manifesta très tôt une grande indépendance d'esprit à l'égard de la Loi et une grande maturité. A 12 ans, venu à Jérusalem au moment de la Pâque avec son père, il aurait savamment discuté avec les docteurs de la loi. On pense que vers 30 ans, il a pu rejoindre à Qumran son parent Jean qu'on appellera le Baptiste (les Évangiles parlent de retraite dans le désert). Il est probable qu'il a reçu l'enseignement des Esséniens. Il reçoit le baptême de Jean le Baptiste qui apparaît comme son précurseur et qui le reconnaît comme le Messie. Cf document 5, page 47.

Jésus commence alors sa prédication itinérante, d'abord en Galilée devant un public de plus en plus nombreux et très populaire, entouré des premiers disciples choisis par lui pour l'accompagner et l'assister, les douze Apôtres. Sa route est jalonnée d'actions qualifiées de miraculeuses par les Évangiles (guérisons d'aveugles, de paralytiques, multiplication des pains, noces de Cana, résurrection de Lazare...).

Suivi par le petit peuple, il inquiète et irrite la caste conservatrice qui détient le pouvoir et les Pharisiens, interprètes de la Loi, que Jésus ne respecte pas toujours à la lettre : il soigne un infirme le jour du Sabbat, il entre dans les tavernes, fréquente des gens considérés comme impurs (Marie-Madeleine). Pourtant Jésus ne se préoccupe pas de pouvoir temporel. Il ne s'attaque ni au pouvoir du Temple, ni aux Romains. Le royaume qu'il promet est céleste.

Il réunit une dernière fois ses disciples à Jérusalem pour instituer l'eucharistie*, c'est-à-dire la communion par le pain et le vin qui deviendra un rite essentiel de la religion chrétienne: c'est la Cène, dernier repas de Jésus et des Apôtres.

C'est alors que, trahi par le Zélote Judas, il est arrêté sur ordre du Sanhédrin et du Grand Prêtre, qui le condamneront après un procès dont on sait peu de choses et imposeront sa mise à mort au gouverneur romain Ponce-Pilate, Jésus est crucifié sur le mont Golgotha, comme un bandit, la veille de la Pâque, en 30, sous le règne de Tibère.

L'épisode de Jésus prophète se termine là. Dans le reste de l'Empire, personne n'en a entendu parler.

Tous ces événements nous sont connus uniquement par le Nouveau Testament, c'est-à-dire par les témoignages des disciples de Jésus. Ceci n'a rien d'étonnant : vu de Rome, il ne s'agit que d'un épisode insignifiant d'histoire coloniale. Toutes les découvertes récentes sur le milieu palestinien de l'époque confirment la vraisemblance du portrait de Jésus donné par les Évangiles.

Plus étonnante est la suite. Les apôtres lors de l'arrestation de Jésus l'ont renié (Pierre), se sont dispersés, puis se cachent par crainte de la répression. Et voilà que tout-à-coup. quelques semaines plus tard, ils se montrent, apostrophent la foule et fondent une Église* qui existe toujours

vingt siècles après. Que s'est-il donc passé ?

Pour le chrétien, la réponse est claire. Dans l'intervalle. Jésus est ressuscité et cette victoire de Jésus sur la mort authentifie sa prédication.

A vrai dite, une cinquantaine d'années s'était déjà écoulée depuis sa mort. C'est pourquoi les Évangiles nous livrent, autant que les paroles et les actes mêmes de Jésus ce que ses auditeurs en ont compris et l'interprétation qu'ils en ont faite en fonction des besoins de l'Église primitive. Les évangélistes avouent que Jésus a beaucoup dérouté ses contemporains, y compris ses plus proches disciples. Cela dit. ces derniers ont été suffisamment attentifs et fidèles pour que l'on puisse remonter de leur témoignage à la personnalité de Jésus lui-même, même si des zones floues subsistent.

Avec le temps, les Évangiles prolifèrent; ils divergent de plus en plus en fonction de l'idée que chaque communauté se fait du message chrétien. C'est pourquoi, vers la fin du II° siècle, les Églises ont éprouvé le besoin de faire le tri. Par un consensus quasi spontané, elles ont retenu quatre Évangiles comme "canoniques", écartent les autres comme "apocryphes". Les Évangiles qui circulaient sous les noms de Matthieu, Marc, Luc et Jean ont ainsi été authentifiés comme les témoignages les plus valables sur la vie et l'enseignement de Jésus, mais cela n'a pas empêché les Apocryphes de survivre et de circuler pendant des siècles des les milieux les plus orthodoxes

3°. Le choix décisif

Le salut apporté par Jésus-Christ concernait-il seulement les Juifs ou aussi les païens ? C'est l'option universaliste qui fut retenue. Les Actes des Apôtres soulignent l'importance de l'enjeu en faisant intervenir Dieu lui-même qui, au cours d'une vision, intime à l'apôtre Pierre l'ordre de vaincre ses réticences de Juif pieux et de baptiser le centurion païen Corneille.

Restait une question subsidiaire : les païens convertis devaient-ils s'en tenir aux préceptes de Jésus ou devaient-ils, en plus, respecter les obligations de la Loi juive ? Il y eut des débats houleux des affrontements violents entre les chrétiens de Jérusalem qui, vivant en milieu exclusivement juif, n'imaginaient guère qu'on puisse s'affranchir du cadre religieux traditionnel et les chrétiens d'Antioche qui, côtoyant les païens dans leur vie quotidienne, considéraient que la nouvelle Loi abolissait l'ancienne et que le judaïsme constituait un détour inutile. Finalement, sous l'impulsion de l'apôtre Paul, il fut décidé que les païens pourraient être agrégés à la communauté chrétienne .

Cependant, les premiers vecteurs de l'évangélisation ont été les milieux juifs de la Palestine et de la Diaspora* (Antioche, la Turquie actuelle, la Grèce, Alexandrie, Rome). Au cours de ses voyages, Paul descendait chez des Juifs et prêchait d'abord dans des synagogues. En 49 encore, malgré la vivacité des querelles entre juifs et chrétiens, le pouvoir romain ne les distingue pas

 

III. UNE NOUVELLE DOCTRINE

1°. L'Évangile

Le mot grec « évangile » désignait la « bonne nouvelle » que le héraut faisait retentir lorsqu'il clamait devant le peuple un événement qui suscitait la joie de tous : une victoire militaire, la naissance d un enfant royal... La « bonne nouvelle » que Jésus délivre est qu'il est le fils de Dieu, venu annoncer aux hommes comment accéder à son royaume. Il est le Messie du Seigneur, en grec «Khristos», d'où le mot Christ, celui qui vient proposer le salut à ceux qui le suivront, celui qui restaurera l'Alliance entre Dieu et les hommes. La révolution qu'il propose est spirituelle, et non politique et sociale. Son "royaume" n'est pas de ce monde.

Fils de Dieu, Jésus est aussi un homme qui a accepté la souffrance suprême en périssant sur la croix afin de sauver l'humanité. C'est cette prétention qui choque le plus les autorités juives de l'époque. S'il n'y avait aucun blasphème à se présenter comme le Messie - d'autres avaient prétendu l'être sans encourir d'accusation -, le fait de prétendre appartenir au monde divin et de « régner à la droite de la Puissance » était blasphématoire. C'est la raison pour laquelle, au pied de la croix, ses ennemis se moquent en disant: « Il est roi d'Israël; qu'il descende maintenant de sa croix et nous croirons en lui. » À leurs yeux, cette mort est bien le signe qu'il est un imposteur : comment Dieu aurait-il laissé périr son propre fils ? Mais, pour ses disciples, Jésus est ressuscité et cette victoire sur la mort confirme sa prédication. Elle constitue pour chaque croyant le gage de son salut personnel.

Le message de Jésus s'adresse d'abord aux paysans juifs qui viennent l'entendre. Les humbles, les femmes, les enfants aussi sont ses interlocuteurs privilégiés. Jésus doit donc être considéré comme un réformateur religieux. Il remet en cause certaines pratiques du judaïsme traditionnel, comme le respect du sabbat. C'est alors qu'il entre en conflit avec les prêtres du Temple. Mais son attitude reste marquée par le devoir de loyalisme envers les autorités romaines: « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Cet enseignement n'aurait pas eu une telle portée sans le récit de la résurrection de Jésus. Si l'historien ne peut expliquer l'événement central de la Résurrection, il ne peut que constater la foi* en la résurrection de Jésus-Christ qui anime les apôtres et détermine leur action.

2° Le message de Jésus

Voici comment se présente le plan du Nouveau Testament

 

 
 

Chronologie du Nouveau Testament

Titre contenu dates

Évangiles de Matthieu.

Marc, Luc,Jean, vie de Jésus 70-95

Actes des Apôtres (Luc) débuts du Christianisme 80-90

Épîtres de Paul aux Romains, Corinthiens, lettres enseignant la foi et

Galates. Thessaloniciens conseillant les Églises

Épîtres de Jacques, Pierre, Jude et Jean chrétiennes sur leurs problèmes 50-90

 

Apocalypse (Jean) vision de la fin du monde Fin 1° s.
 
 

Grâce aux Évangiles, écrits donc une cinquantaine d'années après sa mort par les apôtres, nous connaissons bien le message de Jésus. Il y apparaît au milieu des hommes, toujours sur les routes, entouré de ses compagnons, parlant avec un voyageur de rencontre, prêchant (« En vérité, je vous le dis... »), ou racontant une « parabole », un récit simple qui permet de faire comprendre une vérité difficile, ou accomplissant un miracle - marchant sur les eaux, multipliant les pains lorsque les vivres manquent, ou ressuscitant un mort comme Lazare.

De quelle manière se présente ce message, cette bonne nouvelle ?

Lire la parabole 4, page 49. Quel effet produit sur vous la 1° partie ? En particulier vous sentez-vous intéressés à écouter la suite ?

Pour ma part, je ressens immédiatement une forte adhésion. Je ressens la vérité, non par une démonstration, non par des moyens intellectuels, mais par une rencontre lumineuse avec ma vérité, que je ne connaissais pas. Tout d'un coup : "mais oui...c'est bien sûr !".

Quel est le professeur qui n'a pas laissé en plan 30 élèves parce que le 31° n'avait pas compris ? On le voit alors déployer toute son énergie pour celui-là, et lui seul !

Qu'est-ce que cette parabole heurte en nous, et devait heurter chez ses contemporains, sans quoi il aurait été inutile de le dire ?

Réponse : cette parabole heurte en nous une sorte de bon sens arithmétique : 99 c'est plus important que 1. Pour le Christ, il s'agit de ne pas se laisser tromper par l'apparence des chiffres. L'action la plus créatrice de joie, c'est de soigner l'unique malade et non de s'occuper des 99 bien-portants.

En admettant qu'une brebis ne s'égare pas exprès, pour embêter le berger, quel regard nous invite-t-il à poser sur le pêcheur ?

Le regard du berger de la parabole. Est-il dit qu'il frappe la bête pour la punir ? Il l'aide, il la porte, car elle doit être fatiguée...

Je vous laisse réfléchir sur des cas concrets et personnels qui ont pu se présenter à vous et où vous avez pu être soit la brebis, soit le berger.

Lire le document 5 : les Béatitudes.

Pourquoi ce texte nous semble-t-il tellement déroutant ?

Réponse : il va à l'encontre de nos désirs ordinaires. Quel en est alors le sens ? Ce texte est bien mystérieux. Il a donné lieu à bien des interprétations. Il semble que Jésus nous invite à ne pas considérer un certain nombre de satisfactions "terrestres" comme l'idéal que l'homme doit rechercher. Il y a quelque chose d'infiniment supérieur à la richesse, au pouvoir.

Lire le texte 2, page 52 : le bon Samaritain.

L'histoire racontée par Jésus vous paraît-elle vraisemblable ?

Réponse : oh oui, combien ! On fait semblant de ne pas voir...

A quoi servent la connaissance de la loi et l'intelligence au prêtre et au lévite ? Essayez d'actualiser le propos ?

Réponse : la connaissance et l'intelligence servent alors à éviter de faire ce qu'au fond du cœur ils savent qu'ils ont à faire.

Le fait que celui qui a la bonne et généreuse réaction est un Samaritain apporte-t-il un enseignement supplémentaire ?

Réponse : le Samaritain est un étranger mal considéré. Le cœur n'a rien à faire des frontières des groupes ou des États.

Que pensez-vous maintenant de la boutade prêtée au cinéaste américain Woody Allen : "L'intelligence est une qualité très surestimée" ?

Jésus proclame que l'amour de Dieu commence par l'amour du prochain, de sa famille ou de ses ennemis. C'est l'absence d'amour qui est cause du péché, du mal et de la mort. Jésus vient sauver les hommes et préparer le royaume de Dieu.

Il convient aussi de noter ce que Jésus ne dit pas ou ne fait pas. Il ne donne aucune indication sur l'organisation religieuse ou politique qui lui paraîtrait souhaitable. « Rendez à César ce qui est à César », déclare-t-il à ceux qui lui posent la question de savoir s'il faut ou non payer l'impôt. Les Évangiles ne donnent guère non plus de consignes alimentaires. C'est un appel à la non-violence, à la fraternité universelle, à la générosité sans calcul. Jamais, en Israël, personne n'avait invité à aimer ses ennemis. Il révèle ainsi un Dieu inattendu, Père de tous et non pas seulement des Juifs, donnant la priorité à la brebis perdue. Le Christ apporte bien une « bonne nouvelle »; il ne fonde ni une Église - encore que l'on ait pu ensuite considérer que le groupe des douze qu'il avait choisis pour être ses plus proches compagnons en était une ébauche -, ni une religion. Ce sera l'œuvre de ses disciples*.

Ce message de Jésus reste encore aussi subversif et mystérieux qu'au premier jour.

  INTERRO DE CONTRÔLE

Placer sur un axe chronologique

Abraham,Jésus, Moïse,Salomon

Définir ancien testament, Nouveau testament Prophète, Messie.

PIERRE MALLET
***
pmallet@mac.com
***
Hit-Parade