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Introduction
Depuis la fin de la décennie précédente,
la puissance américaine paraît dautant moins contestée
dans le monde que son principal rival, lURSS, a volé en éclats,
laissant ainsi le champ libre à une domination sans partage. Aux
yeux des Européens, le modèle proposé par les Etats-Unis
semble difficile à approcher car peu dentre eux peuvent disposer
des mêmes atouts et compter sur des bases aussi diverses. Léconomie
américaine bénéficie des ressources de lespace et
sappuie sur un système capitaliste puissant apte à affronter
les crises périodiques. Enfin, le potentiel humain apparaît
remarquable, et lhégémonie culturelle est devenue source
de profits.
I/. Un espace plein de ressources
et bien maîtrisé
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Une situation ouverte
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Malgré la massivité et même la
continentalité du pays, les Etats-Unis
présentent de larges ouvertures maritimes qui
leur permettent de nouer des contacts avec de nombreux pays. Historiquement,
cest la façade Atlantique qui
a joué le premier rôle, mais on sait limportance que prennent
aujourdhui les relations avec les pays de
laire Pacifique, en Asie surtout. Des hommes
dabord, immigrants plus ou moins bien accueillis en flux considérables
sur lun puis lautre des littoraux océaniques, des échanges
divers ensuite et même des expéditions guerrières parties
dAmérique ont marqué cette ouverture, longtemps dissimulée
par lisolationnisme affiché.
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Actuellement, cest sur
le continent américain lui-même que
se renforcent les axes dune solidarité économique avec les
voisins du Nord et du sud, le Canada et le Mexique, symbolisée par
la mise en place de l'accord de libre-échange
nord-américain (ALÉNA). Des Grands
Lacs au golfe du Mexique, une nouvelle ouverture permet aux Américains
de disposer d'avantages complémentaires pour les échanges
commerciaux et le travail des populations.
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Les ressources naturelles
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Létendue et la géologie de lespace
américain ont permis de fournir en grande
quantité les matières premières et lénergie
nécessaires à lindustrialisation.
Grâce aux ressources abondantes en charbon et en fer, les industries
métallurgiques de base sont nées dès le XIX
eSiècle, avec un retard sur lEurope occidentale qui a été
vite comblé. Les premiers puits de pétrole ont été
mis en exploitation en Pennsylvanie dès 1859. Le potentiel hydraulique,
aussi bien des cours deau de lOuest que des grandes plaines, est également
considérable. Quant à l'énergie nucléaire,
elle a utilisé luranium de nombreux gisements. Bien quelles soient
exploitées depuis plus dun siècle, ces
ressources du sous-sol sont loin dêtre toutes épuisées. Les Etats-Unis produisent encore un quart de
la houille et du gaz naturel, 13 % du pétrole dans le monde. Ils
figurent donc parmi les pays industrialisés qui ont pu baser leur
développement sur leurs propres richesses.
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Les conditions naturelles ont favorisé lagriculture
américaine. À lEst du 100 e
méridien sétendent les grandes plaines composées
des "bons " sols de la prairie. Au siècle dernier, le manque de
main-d'uvre a stimulé une mécanisation rendue possible par
la platitude du relief. De nos jours, elles constituent une surface agricole
utile plus ou moins extensible selon lévolution du marché.
À lOuest du 100 e méridien, la chaleur
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compense la sécheresse lorsque lirrigation
est possible. La diversité même des climats, notamment dans
le sud, permet une gamme très large de productions.
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La maîtrise de lespace,
condition indispensable de la puissance économique
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Les distances plus de
quatre mille kilomètres dun océan à lautre , les
obstacles du relief et du climat constituaient de sérieux handicaps à surmonter dans le cadre du développement
économique. On peut considérer que les Américains
sont parvenus à les maîtriser, ce qui nest pas forcément
le cas pour les autres grands espaces de la planète.
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Le réseau des
transports est remarquable par son adaptation
aux besoins de lespace comme de léconomie. Dense à lEst
du Mississippi, il comporte lensemble des moyens de communication, y compris
la voie deau qui relie les Grands Lacs au golfe du Mexique. Plus lâche
à lOuest, où le peuplement est faible, il est constitué
de voies ferrées et routières transcontinentales qui joignent
les nouvelles régions périphériques au vieux foyer
du nord-est. La souplesse de lorganisation,
contrôlée par les groupes privés, favorise la réponse
rapide à lévolution des besoins.
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Les transports routiers ne laissent au chemin de fer
que le transport des pondéreux, lautomobile assure les déplacements
sur des distances relativement courtes, tandis que les lignes aériennes
ont pris une extension considérable, facilitée par une déréglementation
jugée parfois excessive. Le souci de tenir compte des réalités,
par exemple l'encombrement des couloirs aériens, entraîne
même le retour à la voie ferrée, avec les projets de
construction de lignes TGV.
II/. Le système capitaliste,
instrument de la puissance américaine
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La domination des grands groupes
américains
Sil existe dinnombrables entreprises de dimensions
modestes, limage de léconomie américaine
est celle des "géants " que lon désigne
sous le terme de conglomérats.
Par le chiffre daffaires, le nombre de leurs employés, la diversité
de leur production et, le plus souvent, le niveau élevé de
leurs bénéfices, ils symbolisent la puissance économique
américaine. Prendre connaissance du classement établi par Fortune, cest
retrouver parmi les premiers la plupart des principaux trusts, avec, en
tête, Général Motors et Exxon. La
concentration sous toutes ses formes horizontale
et verticale commencée au siècle dernier, na cessé
de se poursuivre. Elle permet aux grands groupes de disposer de moyens
financiers considérables, qui ont contribué à placer
la recherche technologique à la pointe du progrès et à
améliorer sans cesse la productivité. Il ne faut pas oublier
que les méthodes de travail industriel le taylorisme, la standardisation
sont dorigine américaine et ont longtemps servi de modèle.
La révolution de lautomation sest dabord développée
aux Etats-Unis.
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La puissance financière
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La force des conglomérats est étroitement
liée à lorganisation bancaire.
Dans tous les quartiers daffaires les CBD des grandes métropoles,
on trouve les banques qui sont le moteur de toutes les activités.
Ce sont leur nombre et leur dimension qui retiennent lattention : il suffit
pour sen rendre compte de voir les gratte-ciel imposants qui abritent
leurs sièges à Wall Street et dans les rues adjacentes. Les
Bourses tiennent aussi une place majeure dans cette organisation ; on pense
bien sûr à celle de New York, mais elle est loin dêtre
la seule ! La puissance financière
est aussi celle du dollar, monnaie internationale,
qui demeure incontestée malgré ses vicissitudes depuis un
quart de siècle. Sa primauté sur les marchés dépend
évidemment du rôle politique mondial des Etats-Unis. Elle
tient aussi au fait que la va-leur de nombreux produits, en premier lieu
le pétrole, est fixée directement en dollars. Enfin, la masse
des dollars investis dans le monde est telle que les autres monnaies fortes
ne sont guère en mesure de concurrencer le billet vert.
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Une dimension planétaire
La participation des Etats-Unis au premier conflit
mondial a entraîné la pénétration des capitaux
américains sur le marché européen. Ce phénomène
sest amplifié au lendemain du deuxième conflit, et les multinationales
contrôlées le plus souvent par les sociétés
et les banques américaines se sont implantées sur lensemble
des continents, à lexception de lAfrique. La puissance de léconomie
américaine, cest la présence
de nombreuses entreprises à travers le monde,
qui donnent aux dirigeants américains un grand poids et un pouvoir
de décision jusque sur l'emploi dans de nombreux pays. Leur
stratégie est désormais globale,
elle prend notamment en compte la mondialisation des échanges. Il
ne faut pas oublier que les Etats-Unis sont la première puissance
commerciale et que leur part du commerce international dépasse 13
%.
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Une production considérable
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Le PNB par habitant est maintenant supérieur
à 20 000 dollars ; il nest pas le plus élevé dans
le monde, mais si on le rapporte au nombre dhabitants près de
260 millions la valeur de la production totale est impressionnante. Léconomie
américaine semble être une machine à produire dénormes
quantités de céréales, de viande et surtout de biens
fabriqués.
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Pour certains produits
agricoles, la prépondérance dans
le monde est écrasante : 43 % de la production mondiale de maïs,
près de la moitié de celle de soja. Si la part du coton (18,7
%) et celle du blé (12,5 %) sont moindres, cela tient surtout à
lencombrement des marchés. Les céréaliers américains
pourraient facilement récolter deux fois plus de blé sils
étaient assurés de le vendre dans de bonnes conditions !
Quant à la force de lindustrie,
elle se mesure aussi à la part et au rang détenus par les
principaux acteurs : le premier pour la production délectricité
(un quart du total mondial) et pour le thermonucléaire, pour laluminium,
le caoutchouc, les textiles synthétiques et les industries de pointe,
dont laérospatiale. Même si lindustrie américaine
na plus la même prépondérance dans la sidérurgie
et la construction automobile, elle nen demeure pas moins la première
du monde.
III/ Les hommes, facteurs de puissance
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Le dynamisme de la population
Même si la croissance démographique
sest sensiblement ralentie, la population est tout de même passé
de 200 à 260 millions en vingt-cinq ans. Elle constitue dabord le plus important marché de consommation
du monde, et la production économique
est principalement destinée à la satisfaction des besoins
intérieurs, souvent amplifiés et même provoqués
par une publicité multiforme.
La création constante demplois est,
certes, une nécessité pour répondre à laugmentation
de la population active, et le taux de chômage varie entre 5 et 10
%. Les licenciements interviennent le plus souvent avec brutalité,
mais la mobilité des Américains les conduit à se déplacer
souvent fort loin, pour chercher un autre emploi. Le mode de vie américain
banalise la pratique successive de métiers très différents
; la flexibilité du travail est
aussi un élément de la capacité à sadapter
aux situations : après avoir annoncé, en 1992, un plan de
suppression de dizaines de milliers demplois et de fermetures dusines,
General Motors embauchait un an plus tard
Lexemple
de lautomobile est dailleurs significatif
des comportements de la main-d'uvre. Les concepts de production avaient
été sérieusement mis en cause dans les années
1970 par les consommateurs qui soulignaient tel ou tel défaut technique.
Face à la crise grave, de nouvelles méthodes
ont été adoptées, impliquant lélimination
des erreurs de fabrication. Les qualités de la main-d'uvre américaine
ne doivent pas être sous-estimées.
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Une influence politique et culturelle
au service de léconomie
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Première puissance mondiale, les Etats-Unis
ont été amenés à assumer une fonction de "
gendarme ", qui nécessite lentretien
et la modernisation constante de nombreuses forces armées.
Cela signifie que le complexe militaro-industriel est un maillon important de l'économie
américaine et quil dépend du pouvoir fédéral.
Il donne aux autorités américaines des moyens de pression,
même lorsquil sagit de discussions sur
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les échanges commerciaux. Au temps de la guerre
froide, les Américains pouvaient laisser entendre quils ne maintiendraient
pas forcément le " parapluie " atomique.
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Quant aux Japonais, ils sont bien conscients quils
ne disposent pas des mêmes armes que leurs partenaires américains.
Le modèle " culturel " est lui aussi
source de profits, que ce soit dans le domaine
du cinéma, de la télévision ou des loisirs.
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Il véhicule limage dinnombrables produits
typiques du mode de vie américain dont il contribue ainsi à
développer la consommation. Il bénéficie
de lusage de langlais, devenu langue internationale.
Conclusion
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La question du déclin de léconomie
américaine est posée depuis deux décennies. Certains
fondements de la puissance américaine ont paru sérieusement
ébranlés, alors que montait en force léconomie japonaise
et que lEurope sengageait sur la voie du marché unique. La conjoncture
actuelle, marquée par la permanence de la crise européenne
et lapparition de sérieuses difficultés au Japon, est aussi
caractérisée par une reprise de la production américaine.
Serait- elle durable ? En tout cas, cela fait maintenant un siècle
que les Etats-Unis dominent l'économie mondiale.
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