| Au lendemain de la
seconde guerre mondiale la France installe difficilement un nouveau régime, la IVème
République. Elle dure 12 ans et seffondre avec la perte de lempire colonial
et surtout le problème de la guerre dAlgérie. I. La
situation de la France au lendemain de la guerre
A/ La situation économique
Plus que le poids de la guerre, la France a
supporté le poids de loccupation nazie. Les pertes humaines sont toutefois
importantes . 600 000 morts mais au total, 2 millions de pertes démographiques. Les
pertes matérielles sont considérables : 74 départements ont soufferts de destructions
improtantes, la France a perdu sa flotte commerciale, le réseau ferr´est tràs
endommagé et la France a dû `payer 1 100 milliards de Francs à loccupant. La
remise en route de la production se heurte donc à de nombreux obstacles : manque
dénergie (surtout de charbon) et de matières premières, manque de ports en bon
état pour les importations indispensables, manque de devises pour les acheter. Le franc
se voit très affaibli, il y a très peu dexportations, linflation et le
marché noir sévissent. Le rationnement doit être maintenu. La France est pauvre :
après la guerre, cest "lhomme malade de lEurope".
B/ La situation politique et sociale
A partir de la fin 44, les collaborateurs sont
traduits devant des tribunaux populaires. Dans certaines régions, comme le sud-ouest, les
FFI exercent un pouvoir de fait et partout se développe une agitation presque
révolutionnaire. Le gouvernement provisoire, formé par le général De Gaulle et
comprenant des représentants de toutes les forces résistantes y compris des communistes,
décide de ne donner des institutions définitives à la France que lorsque tout le
trritoire sera libéré et que les prisonniers seront de retour. En attendant, le
gouvernement tente de rétablir lautorité de lEtat et de reprendre le
contrôle du pays. Le gouvernement envoie des commissaires de la République en provience
pour prendre le contrôle de la situation en créant de véritable tribunaux pour juger
les collaborateurs, en dissolvant les milices armées issues de la Résistance (le
désarmement des milices communistes est facilité par lattitude légaliste du
serétaire général du Parti Communiste Français : Maurice Thorez). La situation
politique est elle-même très confuse. Après la guerre, les partis de droite
collaborateurs étant discrédités, seules trois grandes forces politiques comptent
vraiment :
- Le PCF qui bénéficie du prestige de la Résistance
et de celui de lURSS.
- Les français libres de diverses origines regroupés
autour de charles de gaulle.
- La gauche non communiste, avec les socialistes de la
SFIO mais aussi les catholiques de gauche.
Ces trois tendances sont très imprégnées des
idéaux de la Résistance et réclament le retour à la démocratie et à une société
plus juste quavant guerre. Elles divergent toutefois sur les moyens de faire cette
révolution.
Sur le plan international, la France est fortement
diminuée. Elles nest pas invitées aux grandes conférences et ce nest que
sur linsistance de W. Churchill que la France devient la quatrième puissance
occupante des territoires allemands. Enfin, son influence baisse considérablement dans
lempire colonial où naissent presque partout des mouvements de libération
nationale.
II. La reconstruction politique de la France
A/ La nouvelle situation politique de la France
: le tripartisme
1) 21 octobre 1945 : élection dune
assemblée constituante
Ce sont les premières élections législatives où
participent les femmes. Elles sont combinées avec un référendum pour faire adopter une
nouvelle constitution afin de remplacer celle de la IIIème République (96% de oui). Ces
élections marquent le triomphe de trois grands partis politiques ; deux dentre eux
reconstitués après la guerre, et un troisième, nouvel issu de la Résistance. Il
sagit du Parti Communiste Français (PCF), de la Section Française de
lInternationale Ouvrière (SFIO) et du Mouvement Républicain Populaire (MRP). Ces
trois partis récupèrent à eux seuls 75% des suffrages sans quil y ait une très
grande différence entre eux. Les partis de droite se sont effondrés et les radicaux qui
symbolisaient la IIIème République ont beaucoup reculé. Le principal vainqueur est le
PCF qui obtient le plus de voix et de sièges. Cest le premier parti de France. Avec
les socialistes de la SFIO, ils sont majoritaires à lassemblée. Celle-ci élit
Charles De Gaulle comme chef du gouvernement. Le gouvernement comprend non seulement des
communistes et des socialistes mais aussi des membres du MRP qui se considèrent encore à
gauche. Le MRP participe à ce premier gouvernement sous la pression de la SFIO qui ne
veut pas se retrouver seule face au PCF.
2) Le gouvernement tripartite et le départ de
De Gaulle
Dans ce gouvernement, Maurice Thorez, le
secrétaire général du PCF, devient ministre dEtat. Mais très vite le conflit
éclate entre De Gaulle, le PCF et la SFIO a propos de la future constitution. De Gaulle
est partisan dun pouvoir exécutif fort, alors que le PCF et la SFIO préfèrent
donner lessentiel du pouvoir à une assemblée unique. Face à ce désaccord et pour
frapper lopinion publique, De Gaulle démissionne le 20 janvier 1946 en pensant
quil allait être rappelé. Il ne le fut pas.
Après le départ de De Gaulle, le PCF et la SFIO
imposent leur point de vue sur une constitution basée sur un pouvoir législatif fort. Le
projet est soumis au peuple par voie de référendum en mai 1946. Celui-ci est rejeté par
53% de non. LAssemblée est donc obligé de démissionner pour être remplacer par
une nouvelle assemblée constituante.
B/ La seconde Assemblée constituante et la mise
en place des nouvelles institutions
1) Ladoption de la nouvelle Constitution
Aux élections législatives de juin 1946, le PCF
subit un recul, mais surtout la SFIO ce qui permet au MRP de devenir le premier parti de
France et dinfléchir le second projet de Constitution en sa faveur. Celle-ci est
basée sur deux assemblées et un certain poids de lexécutif. De Gaulle condamne ce
second projet dans un très fameux discours prononcé à Bayeux, où il expose sa manière
de concevoir la Constitution. Ce second projet de Constitution est approuvé par un
référendum qui a lieu en octobre 1946.
2) La mise en place du nouveau régime
Suite à ladoption du second projet de
Constitution, lAssemblée Constituante est dissoute et de nouvelles élections
législatives ont lieu le 10 novembre 1946. La nouvelle Assemblée est constituée de 620
députés élus pour 5 ans au suffrage universel proportionnel. Elle investit le
gouvernement, mais peut aussi le renverser. Les trois formations du tripartisme demeurent
les plus importantes bien que la SFIO continue sa chute. Radicaux et modérés accentuent
leur influence, le MRP se maintient et le PCF redevient le premier parti de France.
En décembre 1946, ont lieu les élections pour la
seconde assemblée, le Conseil de la République, composé de 320 membres élus pour 6 ans
au suffrage indirect.
Le Président de la République est élu en janvier
1947 au suffrage indirect pour un mandat de sept ans. Cest le socialiste Vincent
Auriol qui est élu Président et fin janvier, il nomme un autre socialiste, Paul
Ramadier, comme Président du Conseil, cest-à-dire chef du gouvernement. Ce dernier
regroupe des communistes, des socialistes de la SFIO, des Radicaux, des membres du MRP,
des membres de lUDSR (Union Démocratique des Socialistes de la Résistance), et des
modérés. Le pluripartisme est donc de rigueur.
C/ La IVème République, un régime marqué par
linstabilité
La Constitution soumet le pouvoir exécutif au
pouvoir législatif. LAssemblée nationale investit le chef du gouvernement. Dès le
début, le Président du Conseil prend lhabitude de répartir les ministères entre
les partis de gouvernement, à charge pour eux de désigner les ministres qui leur
correspondent.
A la fin des années 40, les trois grands partis
daprès-guerre se maintiennent bien que les modérés et les radicaux reprennent de
limportance. Le panorama politique se complique en 1947, lorsque De Gaulle lance un
nouveau parti, le Rassemblement du Peuple Français (RPF). On a donc une multitude de
partis politiques et aucun nest suffisamment puissant pour détenir la majorité
absolue à lAssemblée. Il ne peut donc y avoir que des gouvernements de coalition.
Or le soutien ou le refus de soutien à un gouvernement nest pas décidé par le
ministre participant au gouvernement mais par son parti. Ainsi, en 12 années de IVème
République, 22 gouvernements se succèdent rendant le régime très instable.
Cette instabilité repose sur
lhétérogénéité des partis politiques. Les majorités nécessaires pour former
et faire durer un gouvernement sont toujours très difficiles à trouver et éphémères.
Si une majorité se dégage sur un problème particulier, celle-ci peut changer si le
problème varie à son tour. Si les problèmes saccumulent, la "valse des
ministères" nen est que plus grande.
III. Les douze années de IVème République
(1946-1958)
A/ Mai 1947, la fin du tripartisme
En janvier 1947, le gouvernement Paul Ramadier doit
faire face à lopposition grandissante qui sétablit entre le PCF, la SFIO et
le MRP.
La politique de blocage des salaires mise en place
en 1946 pour lutter contre linflation avait été approuvée par le PCF, mais avec
une telle position celui-ci se coupait de la masse des travailleurs qui déclenchent une
série de mouvement de grèves. Finalement, au printemps 1947, le PCF décide de soutenir
les revendications ouvrières et ainsi se désolidarise de la coalition gouvernementale
qui refuse dabandonner sa politique anti-inflation.
Sur le plan colonial, le PCF est hostile à toute
répression à lencontre des mouvements nationaux et refusent de voter les crédits
militaire pour rétablir lordre à Madagascar et surtout en Indochine.
1947, le début de la Guerre froide amène le PCF a
critiqué très fortement le rapprochement que souhaite opérer le gouvernement en
direction des anglo-saxons. Paul Ramadier, ayant choisi nettement le camp nord-américain
et soutenu par la SFIO, le MRP, les Radicaux et les modérés, saisit loccasion
dun vote hostile des députés communistes à lassemblée pour renvoyer les
ministres communistes le 5 mai 1947. Il faut donc constituer une nouvelle majorité à
lAssemblée.
B/ La Troisième force (1947-1952)
Pour comprendre la Troisième force, il faut
comprendre ce qui se passe dans lopposition. En effet, deux partis politiques
menacent désormais la IVème République : le PCF et le RPF.
Exclu du gouvernement, le PCF est décidé, dans le
cadre du Kominform, dabattre le régime. Pour cela, il organise fin 47 et début 48,
des grèves et des manifestations très importantes qui produisent une scission au sein du
mouvement syndical : la Confédération Générale du Travail (CGT) éclate en CGT et
CGT-FO (Force Ouvrière).
De son côté le RPF de De Gaulle mobilise les
français contre les "séparatistes" (entendez par là les communistes) et tente
dimposer une révision de la Constitution basée sur les principes contenus dans le
discours de Bayeux afin de donner à la France un pouvoir fort à lexécutif. Le RPF
connaît un succès foudroyant puisque dès octobre 1948, lors des élections municipales,
il recueille 38% des suffrages. Fort de ce succès, De Gaulle réclame en vain la
dissolution de lAssemblée.
Cest contre cette double menace que les
partis politiques qui soutiennent la IVème République nont dautre solution
que de se rassembler en une vaste coalition pour sauver le régime. Cest ce
rassemblement que lon appelle troisième force.
Cette coalition qui sétend des socialistes
de la SFIO à la droite modérée en passant par le MRP et les Radicaux est politiquement
efficace contre leurs adversaires mais incapable de gouverner. En effet, les socialistes
de la SFIO sont partisans de dépenses sociales ce qui entraîne une augmentation des
impôts, chose à laquelle sopposent totalement les modérés. La SFIO et les
radicaux sont partisans de lécole laïque alors que les modérés et le MRP sont
prêts à fournir une aide à lenseignement privé. Enfin, dans le contexte du
début des années 50, le MRP est en faveur de la Communauté Européenne de Défense
(CED) qui divise les autres partis. Linstabilité ministérielle est donc plus forte
que jamais.
La Troisième force nest arrivée à
sentendre que sur la politique extérieure et coloniale. En 1952, est signé, à
linstigation de Robert Schuman, ministre des Affaires Etrangères, et de Jean
Monnet, responsable du premier Plan économique français, le Pacte de Bruxelles qui
marque les débuts de la construction européenne avec la mise en place de la Communauté
Européenne du Charbon et de lAcier (CECA), symbole de la réconciliation
franco-allemande. Sur le plan colonial, est mené une politique de rigueur marquée par la
répression contre les mouvements nationalistes et lengagement dans la guerre
dIndochine.
La Troisième force se maintient au-delà des
élections de 1951 qui se manifestent par un maintien du PCF (25% des voix), mais par un
recul du RPF. Ces deux partis conservent toutefois 220 sièges à lAssemblée. La
Troisième force se disloque toutefois à loccasion de la question scolaire, lorsque
à lAssemblée nationale est votée une série de lois daide à
lenseignement privé avec lappui des députés RPF. A partir de là, le
glissement à droite est très net.
C/ Le glissement à droite (1952-1954)
En mars 1952, se forme une nouvelle majorité sans
la SFIO. Le nouveau gouvernement est soutenu par les partis du centre et la droite
modérée. Cest à un homme de la droite modérée quest confié la formation
du nouveau gouvernement : Antoine Pinay qui avait fait partie du Conseil National de
Vichy, mais en 1944, "sentant le vent tourner", avait rejoint les rangs de la
Résistance. Cest le premier homme de droite qui revient au pouvoir depuis 1945. A.
Pinay bénéficie de lappui dune partie du RPF, à la grande déception de De
Gaulle qui se retire de la vie politique (cest ce quon appelle sa
"traversée du désert"). Pinay engage une politique de lutte contre
linflation en diminuant les dépenses publiques et en favorisant lépargne par
un emprunt indexé sur lor (lemprunt Pinay). Linflation baisse et une
certaine reprise économique a lieu. Mais les commerçants ne pouvant plus profiter de
linflation se révoltent sous limpulsion de Pierre Poujade (mouvement
poujadiste dextrême droite). Bien que populaire, A. Pinay ne peut faire face à
lopposition de ses adversaires à lAssemblée et est renversé en décembre
1952.
Les deux gouvernements, qui lui succèdent, sont de
même coloration politique et se querellent à propose de la CED qui divise à la fois
partis politiques et assemblées. Il faut treize tour de scrutin, en décembre 1952, pour
élire le nouveau Président de la république en la personne de René Coty de la droite
modérée.
La IVème République est de plus en plus
empêtrée dans la guerre dIndochine et fin 53, le gouvernement Laniel accepte le
principe dune conférence internationale à Genève pour le printemps 1954, mais
avant il demande à larmée française une grande victoire sur le terrain. En fait
de victoire, larmée française est défaite lors du désastre du Diên Biên Phû
qui entraîne la mise en place dun nouveau gouvernement.
D/ Pierre Mendès France ramène la IVème
République à gauche
Ce nouveau gouvernement est soutenu par les
radicaux (dont Mendès France fait partie), la SFIO, le PCF qui ne participe pas au
gouvernement, et même les gaullistes. Le gouvernement Mendès France marque donc le
retour des socialistes au pouvoir. Mendès France décide de choisir directement ses
ministres sans négocier avec les partis politique leur participation au gouvernement. Il
entreprend aussi dexpliquer son action politique par des discours radiodiffusés.
Cest son gouvernement, mis en place après la défaite de Diên Biên Phû, qui
mène les accords de Genève.
Dès Juillet-août 1954, Mendès France se rend en
Tunisie (à Carthage) où il promet lautonomie interne à la Tunisie et au Maroc. Il
oblige le Parlement à se prononcer une bonne fois pour toute sur le problème de la CED
qui est finalement rejeté à une forte majorité. Mendès France signe alors les accords
de londres qui permettent le réarmement allemand dans le cadre de lOTAN. Bien que
populaire, Mendès France doit faire face à de fortes oppositions : le MRP lui reproche
le rejet de la CED, les communistes lui reprochent sa gestion néo-capitaliste, les grands
producteurs de betteraves à sucre de la région parisienne sopposent au fait que
les français ne puissent plus fabriquer leur propre alcool qui contenait de grandes
quantité de sucre, la droite en général laccuse dabandonner lempire,
et suite à linsurrection dAlger, Mendès France promet des réformes sociales
et économiques ce qui dresse contre lui les défenseurs des intérêts coloniaux.
Président du Conseil le 18 juin 1954, Mendès
France est renversé le 6 février 1955. Avec sa chute, la France a laissé passer sa
meilleure chance de se moderniser et de régler ses problèmes coloniaux.
E/ La guerre dAlgérie et la fin de la
IVème République
1) La IVème République dans limpasse
Edgar Faure, un autre radical, mais adversaire de
Mendès France, forme le nouveau gouvernement, autour dune majorité de centre
droit. Il continue la même politique que Mendès France mais le pays na plus
confiance en ces gouvernements éphémères et peu puissants. Son gouvernement doit faire
face à une double opposition :
- A gauche : A lappel de Mendès France,
resté très populaire, se forme un mouvement "mendèsiste" qui attire de
nombreux éléments qui se sentent mal à leur aise dans les partis traditionnels.
- A droite : Se développe une opposition
dextrême-droite autour du mouvement poujadiste qui reprend les thèmes classiques
de lantiparlementarisme et de lantisémitisme (Mendès France est juif). Ce
mouvement connaît un succès de courte durée mais qui reflète parfaitement bien
lhostilité que suscite la IVème République.
Edgar Faure veut prendre de vitesse ces deux
courants dopposition et décide davancer la date des élections législatives.
Ainsi, fin novembre 1955, il dissout lAssemblée en espérant obtenir une majorité
plus cohérente après les élections.
2) Les élections de janvier 1955 et le
gouvernement de Guy Mollet
En vue des élections de janvier 56, Mendès France
et la SFIO forme un Front Républicain dont le PCF souhaite la victoire, face à la menace
de lextrême-droite. Les élections confirme une brillante victoire de la gauche :
les communistes obtiennent 150 sièges, le Front Républicains (socialistes + radicaux)
170 sièges mais les socialistes sont plus nombreux, les poujadistes emportent 52 sièges.
Le Président René Coty doit donc choisir un Président du Conseil dans le parti
politique de gauche le plus important. La logique aurait voulu quil soit communiste
puisquà gauche cétait le parti le plus représenté, mais en fait Coty
choisit un socialiste, Guy Mollet, ce qui démontre une nouvelle fois la faiblesse des
institutions de la IVème République.
Guy Mollet annonce une nouvelle politique :
- Sur le plan social (voir cours sur économie,
société et culture française depuis 1945) : troisième semaine de congés payés,
retraite aux vieux travailleurs...
- Sur le plan politique étrangère : un
certain désengagement par rapport aux EUA avec plusieurs voyages officiels en URSS, en
Inde et en Egypte. Cest le gouvernement Guy Mollet qui adhère à la création du
Marché commun européen (ancêtre de lUnion Européenne)
- Sur le plan politique coloniale : achèvement
de la politique menée par Mendès France en 1954, indépendance de la Tunisie et du
Maroc. Ebauche de la décolonisation en Afrique noire francophone par le vote de la Loi
cadre (de Gaston Deferre) qui accorde une certaine autonomie aux colonies dAfrique
noire.
Mais ces diverses politiques passent plus ou moins
inaperçues face au problème algérien.
3) Le problème algérien
Le programme du Front Républicain était de mettre
fin à la guerre dAlgérie par des réformes et des négociations. En février 56,
G. Mollet se rend à Alger afin de mettre en place un nouveau gouverneur libéral.
Conspué par les pieds-noirs, il fait machine arrière et remplace le gouverneur libéral
par René Lacoste, un socialiste dur qui tente de mettre en uvre une politique en
trois temps répondant aux angoisses des pieds-noirs : "Cessez-le-feu, élections,
négociations". La France accepte donc ne négocier le sort de lAlgérie, mais
avec des interlocuteurs issus délections libres qui ne seront possibles quune
fois instauré le cessez-le-feu, cest-à-dire en clair le FLN vaincu. Priorité est
donc donnée à laction militaire. Cest la guerre à outrance (répression
violente, torture ).
Les troupes engagées sur le terrain voient leur
effectif passer en quelques mois de 200 000 à 400 000 soldats. Le gouvernement G. Mollet
mène donc une politique tout fait contraire à ses engagements. Les dernières
velléités de négociations sévaporent lorsque le gouvernement couvre, en octobre
1956, une initiative de larmée française dAlgérie qui détourne
lavion de plusieurs dirigeants du FLN, dont Ben Bella, avec lesquels la France
étaient en contact depuis lété 1956, puis procède à leur arrestation.
Dans le même temps, la France pousse le
Royaume-Uni à entreprendre lexpédition de Suez contre lEgypte qui soutient
le FLN.
Cette politique coloniale discrédite la France sur
le plan international. Lopinion publique française est de plus en plus hostile au
gouvernement dautant plus que les dépenses militaires alourdissent les impôts et
relancent linflation. Le Front Républicain ne tarde donc pas à se diviser et le
gouvernement est finalement renversé en mai 1957.
Les gouvernements suivants sont favorables à une
solution négociée mais nont pas lautorité nécessaire pour simposer
aux colons et à larmée française dAlgérie. Les pieds-noirs de leur côté
veulent une Algérie française et sont tout à fait opposés à quelque négociation que
ce soit avec le FLN. Ils veulent en France un régime fort capable de maintenir
lAlgérie dans le giron de la France.
Cest dans ce contexte de la guerre
dAlgérie, quen mai 1958 souvre une véritable crise de régime.
4) 13 mai 1958, le retour du Général De Gaulle
Le 13 mai 1958, un nouveau chef de gouvernement
doit être investi. Il sagit de Pierre Pflimlin, dont on sait quil est
favorable à une solution négociée avec le FLN. Cette investiture provoque la colère
des pieds-noirs qui sinsurgent et semparent des bâtiments du gouverneur
général, avec la complicité de larmée française dAlgérie. Un Comité de
Salut public de lAlgérie Française se met en place avec à sa tête le général
Salan, commandant en chef des forces françaises en Algérie. Ce dernier est nommé par la
métropole comme délégué général en Algérie avec les pleins pouvoirs civils et
militaires. Larmée gouverne donc effectivement lAlgérie. Mais au nom de quel
pouvoir ? Le 15 mai, poussé par les gaullistes et des militaires, le général Salan
réclame le retour au pouvoir du général De Gaulle.
A Paris, le gouvernement Pflimlin est profondément
divisé et dépourvu de moyens daction . le personnel politique est gagné au
mouvement dAlger, larmée nest pas sûre et la police noyautée par
lextrême droite ne cache pas ses sympathies à la cause de lAlgérie
française. Le 20 mai, la Corse bascule dans le camp dAlger. Les risques de coup
dEtat en métropole sont imminents.
Durant toute la fin mai, les pressions pour le
retour de De Gaulle au pouvoir se précisent. Le coup de grâce est donné le 1er juin
1958 lorsque le Président rené Coty menace de démissionner si De Gaulle nest pas
investi comme chef du gouvernement. Après avoir été investi comme Président du
Conseil, De Gaulle reçoit le 3 juin les pleins pouvoirs pour 6 mois et le droit de
préparer une nouvelle Constitution.
La IVème République seffondre sous le poids
de la guerre dAlgérie. |